Antoine Frérot a fait taire la contestation à la tête de Veolia Environnement. Le PDG du groupe français de services a même considérablement renforcé son pouvoir quelques jours à peine après la tentative de renversement orchestrée par Henri Proglio, l'ancien patron de la société. En plus d'obtenir un remaniement du conseil d'administration en sa faveur, avec le départ de deux administrateurs « pro-Proglio » et l'entrée de trois nouveaux administrateurs, le dirigeant a modifié le comité exécutif à son avantage. Départ emblématique, celui de Denis Gasquet. L'ancien dirigeant de Veolia Propreté était réputé proche d'Henri Proglio. Il avait déjà été remplacé l'été dernier à la tête de cette division, dont les performances étaient jugées insuffisantes, pour se voir confier la réalisation du plan d'économies. Denis Gasquet avait été candidat en 2009 à la présidence de Veolia, face à Antoine Frérot. Cet historique du groupe était, avec deux autres dirigeants sur le départ, Jean-Pierre Frémont et Olivier Orsini, les derniers membres du comité exécutif non nommé par Antoine Frérot.
Ces remaniements sont plus qu'un simple jeu de chaises musicales. Engagé depuis l'été dernier dans un plan de restructuration à l'ampleur historique, le groupe tente de se redynamiser. Ces départs doivent permettre de lever les dernières résistances au changement. Antoine Frérot a d'ailleurs profité de ces annonces pour rappeler la détermination du comité exécutif à mener à bien ce plan dont l'une des actions majeures passera par la vente du pôle transports en commun (Veolia Transdev) afin de recentrer le groupe sur l'eau, la propreté et les services à l'énergie. Il prévoit également une réduction des coûts de 420 millions d'euros d'ici à 2015 et cinq milliards d'euros de cessions d'actifs en 2012-2013. Cette clarification de la gouvernance rend, selon de nombreux analystes financiers, nettement plus crédible le plan de route d'Antoine Frérot. Depuis le 29 février, et la confirmation du plan de marche du PDG, le cours de l'action Veolia s'est envolé de 37 %, signe qu'Antoine Frérot a aussi gagné le soutien de ses actionnaires.