« Il est possible de déployer la filière », a lancé Laurent Michel, directeur général de la DGPR (direction générale de la prévention des risques) lors d'une réunion d'information sur la voiture électrique organisée par le ministère de l'Ecologie. L'événement a rassemblé les constructeurs, les collectivités, les gestionnaires de parking. L'administration leur a présenté l'état de ses connaissances sur le stationnement et la recharge de voitures électriques en sites couverts (par opposition aux stations en voirie). Au vu des essais menés, « il n'est pas justifié de prévoir des dispositions techniques particulières », résume Jérôme Goellner, en charge des risques technologiques à la DGPR. En termes d'incendie comme d'émissions toxiques, les voitures électriques présentent des risques ni plus, ni moins graves, que les thermiques. Ils nécessitent simplement d'apprendre « des techniques spécifiques », notamment pour l'extinction des incendies, selon Eric Philip, de la direction générale de la sécurité civile. Reste que les essais ont été menés sur un nombre restreint de modèles - non dévoilés - de constructeurs français. Par précaution, l'administration vient donc de publier un cahier des charges imposant des règles sur la recharge dans les parcs de stationnement publics couverts. Il y limite à dix le nombre de points de charge par station. Il y interdit (pour l'instant) les recharges rapides. Il impose d'isoler les stations des autres points de stationnement par des cloisons pare-flammes. Une distance minimale de quinze mètres, ou six emplacements, est par ailleurs requise entre deux stations. Pour les flottes d'entreprises et de collectivités, ces dispositions « peuvent être appliquées dès maintenant. Mais il peut y avoir des spécificités quand il y a une grande concentration de véhicules électriques. Nous allons mettre en place un groupe de travail pour y réfléchir », annonce Laurent Levent, de la DGPR. Les immeubles collectifs d'habitations et de bureaux, enfin, présentent des cas de figure juridiquement encore plus complexes. L'administration y espère un déploiement plus lent des bornes, le temps d'en définir les conditions.