L'Allemagne va présenter d'ici à début juin un plan de développement à dix ans de son réseau électrique. L'enjeu : intégrer 35 % de renouvelables en 2020 (contre 17 % en 2010). « Nous avons identifié le développement du réseau électrique comme un goulot d'étranglement », a souligné le 22 mai Berthold Goeke, directeur du département Énergies renouvelables au ministère allemand de l'Environnement. Un séminaire sur le sujet était organisé à Berlin par le bureau de coordination franco-allemande sur les énergies renouvelables pour comparer les expériences. L'an passé, l'Allemagne a par exemple amendé une loi sur l'extension du réseau pour accélérer les processus de planification et d'autorisation des projets jugés prioritaires. « Elle a pris conscience que le développement des renouvelables demande un renforcement significatif du réseau de transport d'électricité », envie Hervé Mignon, représentant le gestionnaire du réseau français de transport RTE. Le plan dont elle va débattre cette année (pour un vote en 2013) doit permettre à l'Allemagne d'y voir plus clair sur l'étendue des travaux à réaliser et les technologies à privilégier. Côté français, RTE attend pour cet été l'avis de la Commission de régulation sur son plan décennal. Mais « c'est dans la main du distributeur qu'est l'équilibre local du réseau », et non du transporteur, nuance Marc Boilot, directeur stratégie et grands projets d'ERDF. Le gestionnaire du réseau français de distribution coordonne ainsi le projet Grid4EU. Il vise à partager les résultats de six démonstrateurs « smart grid » européens, dont Nicegrid en France. Sur ce thème du pilotage local, l'Allemagne bénéficie d'un temps d'avance. À l'image du projet eTelligence d'EWE : « Notre objectif est de relier production et consommation locales via un marché régional intelligent », présente Tanja Schmedes, de la R et D d'EWE. Lancé dès 2008, ce projet testera pendant encore un an l'information des usagers, le couplage entre production éolienne et gestion d'entrepôts frigorifiques, ou encore des facturations horaires ou progressives en fonction de la quantité d'électricité consommée.
À noter : le métier d'EWE n'est pas seulement l'électricité, mais aussi le gaz et les télécoms. Un décloisonnement à méditer en France.