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Le manque de réseaux plombe l'Europe

LA RÉDACTION, LE 29 MAI 2012
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Des réseaux de chaleur insuffisamment développés. Un recours modique aux sources renouvelables pour les alimenter. L'Europe paie cher ses lacunes dans la valorisation de la chaleur. La récente étude Ecoheat 4EU, publiée par Euroheat & Power, a été réalisée auprès de quatorze pays européens, dont la France. Bilan : près de 500 milliards d'euros d'énergie dite fatale - c'est-à-dire celle inéluctablement produite par certains processus industriels, par les data centers, les eaux usées ou par l'incinération des déchets - resteraient inexploités. C'est une perte sèche représentant tout de même près de 1 000 euros par citoyen contribuable européen en 2008 ! Ce gisement de chaleur inutilisé est équivalent à plus de la moitié de l'énergie primaire disponible en Europe. Et, dans ce panorama du gaspi, la position de la France est loin d'être flatteuse : l'étude Ecoheat souligne ainsi qu'avec seulement 414 réseaux de chaleur recensés - et 13 réseaux « froids » - seule 6 % de la population tricolore était en mesure de bénéficier d'un réseau de chaleur. Une « performance » qui classe la France bonne dernière de la classe européenne, puisque la moyenne sur le Vieux Continent se situe autour des 30 %, avec des pays - comme le Danemark, la République Tchèque et l'Islande - qui dépassent allégrement les 50 %. Ce constat sévère laisse augurer une marge de manoeuvre significative pour les spécialistes Dalkia et autres Cofely.Autre angle d'analyse, le faible recours aux ressources renouvelables. Selon Guillaume Planchot, président de l'association Via Sèva, les réseaux de chaleur implantés en France utilisent seulement « 31 % d'énergies renouvelables et de récupération. Et 75 % de cette part provient de l'incinération des déchets ». Peuvent donc encore beaucoup mieux faire ! « Le gisement est pourtant très important en France, surtout au niveau des équipements industriels », poursuit Guillaume Planchot. La création d'une véritable filière de récupération et de valorisation de la chaleur fatale produite par les usines pourrait même, selon lui, engager une spirale vertueuse. Elle contribuerait à améliorer la compétitivité des sites industriels dans l'Hexagone. Voire devenir une arme antidélocalisation. « L'énergie produite par les procédés industriels seraient ainsi naturellement revendue et permettrait également aux groupes industriels éligibles au système d'allocation et d'échange de quotas de CO2 d'améliorer leur bilan dans ce cadre », explique Guillaume Planchot. Mais en dépit de l'indéniable attractivité des réseaux de chaleur, certains écueils politiques et économiques persistent à ralentir leur développement. Le coût d'installation constitue notamment un obstacle majeur qui refroidit l'ardeur des industriels et des collectivités. Selon les professionnels, le coût de captage, en sortie usine, d'un réseau de chaleur se situe entre « 15 et 20 €s le mégawattheure », chiffre Guillaume Planchot. Un coût auquel se rajoute naturellement les dépenses sans commune mesure liées à la « tuyauterie » et au déploiement du réseau. « En Allemagne, on n'hésite pas à faire vingt kilomètres pour raccorder un point de production d'énergie fatale au réseau », observe le président de Via Sèva. Mais un meilleur maillage du territoire liée à l'antériorité de ces pratiques, ainsi qu'une organisation plus décentralisée de la distribution d'énergie, constituent outre-Rhin un humus sans doute plus favorable. Pour autant, les pouvoirs publics français - même s'il faudra sans doute confirmer cette détermination au cours des prochains mois - semblent avoir pris la mesure de l'enjeu. L'objectif est d'atteindre un niveau d'exploitation de ressources renouvelables dans les réseaux de chaleur de 50 % en 2020, contre 29 % en 2008. Il s'agit également à cette date d'avoir doublé, voire triplé le nombre de ménages raccordés aux réseaux de chaleur. En 2008, ils étaient près de 2 millions et utilisaient 3 200 km de réseaux selon l'étude Ecoheat. Le débat énergétique attendu fin 2012 pourrait s'avérer une bonne occasion d'aller plus loin.


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