Hostile au reporting extra-financier, le Medef ? « Non ! », a insisté le 30 mai Michel Laviale, président du groupe de travail sur la performance extra-financière du Medef, qui présentait son guide « Reporting RSE ». Il vise à accompagner les entreprises face à leurs nouvelles obligations de transparence en matière sociale et environnementale, suite à la publication du décret du 26 avril au Journal officiel. « Le reporting n'est pas une contrainte administrative, mais un outil de gestion », affirme Michel Laviale. Et pour cause, le Medef s'est félicité de la « souplesse » offerte par la nouvelle réglementation. « C'est parce que ce cadre n'est pas contraignant, ni rigide, qu'il encourage les dirigeants à s'engager dans la démarche RSE », soutient Julien Rivals, responsable RSE du cabinet Deloitte, qui a aidé le Medef dans la réalisation du guide. Ainsi, la réglementation ne définit pas d'indicateurs, mais des thématiques sur lesquelles les entreprises devront communiquer. Par exemple, l'utilisation des sols. Sur ce sujet, comme sur les 41 autres prévus, libre à l'entreprise de choisir son indicateur. À une nuance près : elle peut considérer que des thématiques ne sont pas pertinentes pour elle à condition de le justifier. Reste à savoir comment. Plus largement, Medef et Deloitte ont identifié des inconnues dans les nouveaux textes. En particulier, en attendant la parution d'un arrêté, les modalités précises de vérification par un auditeur indépendant. Un certain flou demeure aussi sur l'entrée en vigueur de l'obligation selon la date de clôture des exercices financiers. Autre incertitude, et non des moindres, le périmètre des entreprises concernées. Il dépend de leurs statuts juridiques. Si les SARL et les SAS, notamment, sont exclues du champ d'application, un doute subsiste pour les mutuelles, coopératives, établissements de crédits... À noter au rayon des certitudes : les notions de biodiversité et de changement climatique font explicitement leur entrée dans la réglementation.