Alors que s'achève la première étape d'enregistrement des substances chimiques fabriquées ou importées dans l'Union européenne, « la mise en oeuvre de Reach reste complexe », tance Jean Pelin, le directeur général de l'Union des industries chimiques. Et cette complexité se chiffre ! Cette étape aurait à elle seule déjà coûté 2,1 milliards d'euros alors que la Commission avait chiffré l'ensemble des trois échéances prévues à 2,3 milliards. Il faut dire que le texte de 234 pages et 615 pages d'annexes a déjà nécessité 41 guides techniques, 11 guides pratiques et 28 manuels d'aide aux soumissions informatiques. Et que l'agence européenne des produits chimiques (Echa), qui coordonne le dispositif, a vu ses effectifs passer de 224 en 2008 à 500 personnes en 2012. Cette inflation reflète les difficultés auxquelles les industriels sont soumis. « Ils ont dû acquérir toutes les données relatives aux substances et recenser toutes les utilisations auprès de leurs clients », explique Sonia Benacquista, responsable Reach à l'UIC. Aujourd'hui, 5 500 substances ont été enregistrées, 2 200 supplémentaires le seront d'ici à mai 2013 et 23 500 d'ici à 2018, échéance ultime. Les plâtres essuyés jusque-là par les plus grosses entreprises, premières visées, laissent augurer le pire pour les PME. Le ministère de l'Écologie en a bien conscience et a signé une convention avec l'UIC pour sensibiliser tous les acteurs à travers une vingtaine de conférences en ligne d'ici à la prochaine échéance de mai 2013.