Avec l'École nationale supérieure de chimie de Paris, Valgo étudie le potentiel de l'oxydation par plasma froid (un gaz d'ions) dans la dépollution des sols. Le plasma est ici obtenu par excitation électrique haute fréquence, et crée des espèces réactives de l'oxygène (ozone) et des espèces réactives de l'azote (NOx). L'idée consiste à utiliser ce comportement très réactif du plasma pour dépolluer une matrice complexe comme le sol. Les premiers essais ont porté sur du sable de quartz, contaminé à 1 000 ppm en pyrène, un HAP. Ce pilote a permis de préciser les mécanismes en jeu. « Le plasma occupe tous les pores de la matrice. Les espèces réactives oxydent les molécules de polluant en surface des grains, dégradant 90 % du pyrène », confirme Laurent Thannberger responsable R et D chez Valgo. L'entreprise a ensuite travaillé sur un sol réel, avec une pollution en HAP ancienne, encore plus complexe à dégrader. Les premiers résultats montrent un abattement de pollution sur tous les pics de HAP. Et la technique s'annonce d'autant plus efficace que le sol présente des grains fins, comme l'argile. Après traitement, le sol n'est pas stérile et les HAP, oxydés, prennent des formes plus solubles. Ces espèces sont également plus accessibles aux bactéries capables de les dégrader au fil du temps. Mais le plasma froid reste une technologie coûteuse. Pour être concurrentiels, notamment face à la désorption thermique, il faut améliorer le rendement énergétique. La société Streamer s'est vue confier cette mission.