La dette redevient préoccupante pour Derichebourg. Le groupe de recyclage des métaux et de collecte des déchets ne respecte plus l'une des deux clauses de crédit associées au prêt de 700 millions d'euros souscrit auprès de plusieurs banques en 2007. Au 31 mars 2012, sa dette nette s'élevait à 3,56 fois son excédent brut d'exploitation, au-dessus de la limite de 2,9 fois fixée dans le contrat. Cette rupture ne remet pas en cause le financement de la société. Un accord de dispense temporaire a été trouvé avec les banques, jusqu'au 31 décembre 2012. Mais en échange, Derichebourg voit son taux d'intérêt fortement augmenter avec une marge bancaire portée à 3,5 % contre 0,95 % auparavant. D'ici à la fin de l'année, la direction du groupe devra également trouver une solution plus durable à son problème de dette, celle-ci s'élevant à quasiment 700 millions d'euros. Elle a ainsi déjà indiqué vouloir limiter ses investissements dans les prochains mois. Une échéance de 100 millions d'euros est notamment due fin décembre. Mais cette contrainte sur les investissements ne suffira certainement pas, alors que la conjoncture pèse sur ses résultats. Au premier semestre, le chiffre d'affaires du groupe a plié de 6,6 %, à 1,76 milliard d'euros, et son excédent brut d'exploitation a chuté de 33 % pour tomber à 93 millions d'euros. Selon plusieurs analystes financiers, la société devrait soit procéder à une augmentation de capital pour redresser son bilan, soit céder des actifs. Dans ce cas, la filiale de services aéroportuaires Servisair, reprise en 2005 lors du rachat de Penauille, et à l'origine de la dette actuelle, pourrait être mise en vente. La cession de cette activité, trop éloignée du métier originel et trop exposée aux soubresauts du trafic aérien, a déjà été envisagée ces dernières années. Mais son redressement avant la crise avait mis un terme au projet. Depuis, la situation économique s'est dégradée. Son excédent brut d'exploitation a aussi chuté de 33 % au premier semestre. Selon Natixis, Derichebourg pourrait obtenir de cette filiale une somme comprise entre 250 et 350 millions d'euros.