La conférence environnementale avait démarré en fanfare le vendredi 14 septembre avec un discours très engagé du président de la République. En affirmant que « la transition que nous engageons, c'est bien plus qu'un choix politique, c'est un modèle de développement », François Hollande confortait les plus verts de sa majorité. Mais en précisant que « le volontarisme n'empêche pas la lucidité économique et commerciale », il rassurait le monde des entreprises. Certes, les annonces de la fermeture de Fessenheim et de la fin de l'exploration des gaz de schiste ont fait tiquer Laurence Pa-risot (Medef), François Chérèque (CFDT) et Bernard Thibault (CGT). Mais les ambitions affirmées en matière de transition énergétique, de rénovation thermique des bâtiments et de biodiversité laissaient espérer du concret. Or, l'événement suscite plus de questions que de réponses. D'abord sur le rôle même des tables rondes organisées sur deux petites demi-journées. Les restitutions qui en ont été faites n'étaient qu'une longue liste des sujets abordés par les nombreux participants. Certains (selon quels critères ?) seront repris dans la feuille de route. Enfin, l'intervention de Jean-Marc Ayrault a déçu. En effet, en dehors du chantier de l'énergie (voir l'interview page 8), certes majeur, quoi de neuf ? Le chantier de rénovation énergétique des bâtiments est en attente de dispositifs innovants de financement?sur lesquels travaillent déjà depuis de nombreux mois l'équipe de l'ex-Plan bâtiment Grenelle et les Régions. La biodiversité attendra 2013 pour voir naître une agence nationale déjà dans les cartons. Et le chantier des risques sanitaires, « préoccupation majeure des Français », est suspendu à l'évaluation du plan national santé-environnement qui se termine fin 2013. Quant à celui de la fiscalité écologique, il n'est qu'entrouvert avec la mise en place d'un groupe permanent de concertation. Séances de rattrapage dans les semaines à venir avec un séminaire gouvernemental et les très attendues lettres de cadrage développement durable de chaque ministère.