Deux grandes informations étaient à retenir à la sortie des journées techniques de l'Ademe sur les certificats d'économie d'énergie (CEE), les 18 et 19 septembre à Paris. D'abord, comme pour la première, la deuxième période de l'exercice se clôturera fin 2013 sur un objectif dépassé, puisque les 345 TWh cumac à économiser le seront « au début du printemps », selon Éric Girard, du pôle CEE à la DGEC. Fin juillet, « 87 % de l'objectif était rempli », en majorité avec des actions sur le bâtiment. Ensuite, ce début de confirmation :l'objectif triplera presque en troisième période (2014-2016), pour atteindre 900 TWh cumac. En effet, l'Ademe affirme avoir identifié un gisement d'économies d'énergie « techniquement et économiquement exploitable » de cet ordre de grandeur. Selon la DGEC, cela permettrait d'être dans les clous de la nouvelle directive sur l'efficacité énergétique. En étendant le dispositif des CEE à toute l'Europe, celle-ci oblige en effet les fournisseurs d'énergie à entreprendre des actions concourant à réduire de 1,5 % les ventes chaque année. « Cet effort représente deux fois ce que la France a fait en 2011 », a calculé Virginie Schwartz, directrice exécutive des programmes de l'Ademe. En l'occurrence, réduire de 2 % la consommation d'énergie du secteur résidentiel et tertiaire. Depuis la mi-mai, un groupe de travail planche sur la troisième période du dispositif, dans l'objectif de finir ses travaux « en octobre », avant un rapport à la ministre et la publication au JO d'un arrêté en juillet 2013. Au-delà de l'objectif, que certains voient même monter à quatre chiffres, d'autres questions sont soulevées. D'abord la place donnée aux éligibles, notamment aux collectivités locales, de plus en plus rodées au système (7 TWh de CEE engrangés). Ensuite, le périmètre des obligés :après les vendeurs de carburants en 2011, qui d'autre inclure dans le système ? Enfin, la précarité énergétique :« Dans le quota, on peut envisager un sous-quota de cumac à économiser en logement précaire », explique Yann Ménager, à la DGEC. Mais cela impliquerait de dédoubler le registre.