Un procédé canadien s'attaque au plus grave problème environnemental associé à l'industrie de l'aluminium. La société Orbite Aluminae Inc. vient de mettre au point et breveter une technologie permettant de traiter les boues rouges, principal déchet qu'émet la fabrication d'alumine à partir du procédé Bayer. Utilisé pour extraire les minéraux (aluminium, silicium, fer) contenus dans l'argile alumineuse ou la bauxite, celui-ci consiste à les dissoudre dans une base forte. Une dissolution durant laquelle, leurs constituants s'agrègent avec la base pour former de la boue rouge. « La production d'une tonne d'alumine génère ainsi deux tonnes de boue rouge toxique qui sont stockées faute de pouvoir être traitées, estime Richard Boudrault, président d'Orbite. Notre procédé s'inspire de la digestion biologique en milieu acide des organismes vivants, en mettant le minerai en solution dans de l'acide chlorhydrique. Le silicium est alors extrait par précipitation avant qu'il ne s'agrège aux autres éléments. L'aluminium et le fer sont récupérés, puis les terres et métaux rares, le magnésium, le potassium, et des sels à forte valeur économique contenus dans le minerai sont valorisés à 90 %, ce qui réduit d'autant les volumes résiduels ». Orbite convertit actuellement au Québec un pilote industriel en usine de production d'alumine de haute pureté destiné au marché de l'électronique. Elle va également y construire une usine d'extraction d'alumine métallurgique fin 2013. En outre, cette technologie permet de traiter et valoriser les dangereux lacs de boue rouge par libération des minéraux qu'ils contiennent. La société entend donc aussi concéder des licences à des producteurs souhaitant réduire leur impact environnemental.