La nouvelle a surpris. Alstom n'avait en effet donné aucun signe annonciateur de son augmentation de capital de 350 millions d'euros réalisée la semaine dernière. Le fabricant de turbines à gaz à cycle combiné et de système de gestion des réseaux électriques a certes consommé de la trésorerie lors de son dernier exercice. Mais la situation devait revenir à la normale cette année avec une génération de trésorerie. La levée de ces fonds doit en réalité lui donner plus de marge de manœuvre pour assurer son développement par acquisitions. Les deux tiers environ de l'opération permettront ainsi à Alstom de financer la montée au capital de la société russe de matériel ferroviaire roulant Transmashholding. Le solde servira à payer des acquisitions dans les énergies renouvelables et les équipements de transmission d'électricité. Le montant levé ne permettra pas de s'attaquer à une société de la taille de Vestas, alors qu'une rumeur d'OPA d'Alstom sur le groupe danois a circulé avant l'été. En revanche, il sera suffisant pour acquérir des équipementiers en mesure de venir compléter sa chaîne industrielle dans les technologies éoliennes ou assimilées. Le récent rachat du fabricant d'hydroliennes Tidal Generation Limited auprès de Rolls Royce illustre parfaitement cette stratégie (lire EMC n° 150). Le groupe français s'est véritablement lancé sur le marché éolien en 2007, avec le rachat de la société espagnole EcoTecnia. Depuis, Alstom est monté en puissance, proposant des machines allant de 2 à 6 MW, ces dernières étant destinées au marché de l'éolien en mer. Lors de son dernier exercice, il a dégagé un peu plus de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans les énergies renouvelables et un résultat opérationnel de 150 millions d'euros. Ce secteur représente d'ores et déjà 10 % de ses ventes annuelles mais un quart de ses investissements (118 millions sur un total de 521 millions d'euros). En ajoutant les investissements dans les réseaux de transmission et de gestion de l'électricité, Alstom consacre la moitié de son budget annuel au secteur élargi des cleantechs.