Assèchement des rivières, chaleurs, précipitations... Du 26 novembre au décembre, le changement climatique sera très discuté à Doha. Le Qatar accueille la nouvelle conférence des Nations unies sur le sujet. L'enjeu : finaliser la deuxième période du protocole de Kyoto. « Le temps commence à faire défaut », alerte le Pnue. Le niveau mondial des émissions de gaz à effet de serre est supérieur de 14 % à l'objectif pour 2020. Au lieu de diminuer, la concentration de CO 2 augmente dans l'atmosphère (de près de 20 % depuis 2000). Certes, il ne manque plus que 100 millions d'euros pour que l'UE tienne sa promesse de fournir 7,2 milliards sur la période 2010-2012, afin de soutenir les efforts d'atténuation et d'adaptation dans les pays en développement. Mais l'Europe est bien seule dans sa lutte ! « En 2011, à Durban, deux avancées importantes ont été obtenues », relève tout de même Romain Morel, chargé de recherche à la CDC Climat. D'une part, la prolongation de Kyoto après 2013. D'autre part, la mise en place de la « plateforme de Durban » pour un accord d'ici à 2015 sur l'après 2020. « À Doha, l'enjeu sera de les mettre en œuvre », cadre-t-il. Plusieurs points sont à préciser : la continuité légale entre les deux périodes de Kyoto, la durée de la deuxième (5 ou 8 ans), l'utilisation des mécanismes de marché, notamment pour les pays non engagés... Reste que l'après-2013 pourrait réunir des pays pesant à seulement 14 % des émissions mondiales de 2008 (21 % de 1990). Le Japon a rejeté toute implication. Le Canada, lui, est même revenu sur sa participation à la première période. Avec le temps, l'équilibre mondial « a beaucoup évolué », pointe l'Institut de l'énergie et de l'environnement de la Francophonie. L'UE s'est ainsi rapprochée des pays en développement. Les États-Unis se sont isolés et les émergents (la Chine) devenus incontournables. Pour mobiliser, il faudra « avoir au préalable reconstruit la confiance entre les pays », recommande l'institut. Autour de trois principes : l'équité, la solidarité… et la garantie pour chacun que ses efforts ne seront pas isolés et vains.