Une prise de contact. Le conseil national du débat sur la transition énergétique s'est certes réuni le 29 novembre pour la première fois. Composé de 112 membres, répartis en 7 collèges, il sera le « parlement », chargé de mener les auditions et d'établir les recommandations finales du débat qui s'amorce. Mais pour l'instant, l'exercice s'est limité… aux modalités d'organisation. Présidé par Delphine Batho, le comité de pilotage (qui supervise le débat) a en effet proposé aux parties prenantes une architecture de fonctionnement. Elle ne sera véritablement validée que lors de la prochaine réunion, programmée le 13 décembre. Ce n'est en tout cas pas avant cette date que le débat rentrera dans le vif du sujet. D'ici là, il faudra notamment constituer le comité d'experts, chargé de fournir des données objectives. « Il existe beaucoup, beaucoup de scénarios énergétiques. Nous essaierons d'en faire une synthèse, sachant que le comité d'experts n'a pas vocation à délivrer la vérité », précise son futur président, l'économiste Alain Grandjean. Tout ira ensuite très vite ! Car si le comité de pilotage prévoit de se réunir chaque semaine, le parlement du débat ne pourrait se retrouver qu'une fois par mois. Tout cela pour déboucher sur une proposition de loi de programmation à la mi-2013. L'objectif est très ambitieux. « Il s'agit de définir les conditions dans lesquelles la France pourra respecter ses engagements européens, atteindre le facteur 4 en 2050 et faire évoluer le mix énergétique, notamment électrique, tel que l'a fixé François Hollande », a cadré la ministre de l'Écologie. Un exercice d'autant plus délicat que, sortie du nucléaire comme exploitation des gaz de schiste, « tout pourra être discuté, il n'y aura pas de tabou », affirme-t-elle. « Nous allons essayer de chercher la convergence », cible Anne Lauvergeon, membre du comité de pilotage. Avant cela, nombre de modalités restent à valider. Par exemple, la forme que prendront les auditions, comment impliquer des acteurs comme le syndicat des énergies renouvelables… Ou tout simplement formuler les questions mises en débat.