Un partenariat entre sciences « dures » et sciences humaines, c'est le pari proposé par la nouvelle chaire industrielle « Rationalités, usages et imaginaires de l'eau » lancée le 28 novembre. Mis en place par la faculté de philosophie de l'université Jean Moulin Lyon 3 et par la Lyonnaise des Eaux, ce programme de recherche durera trois ans. Il vise à proposer de nouveaux modes de représentation de l'eau pour responsabiliser face à cette ressource. Avec un leitmotiv : pour être durable, le développement ne peut pas se réduire à des choix techniques. Il doit s'appuyer sur « la conviction d'un caractère beaucoup plus symbolique et profond de l'eau ». L'exercice n'a pas pour autant simplement une portée poétique. « Cette chaire nous permettra d'avoir une compréhension nouvelle de ce que nos usagers attendent », se projette Cyril Courjaret, directeur régional de Lyonnaise des eaux Rhône-Alpes Auvergne. Comment gérer les conflits d'usage et d'intérêt ? Comment favoriser les partenariats ? Parmi les axes de travail, figurent la coopération entre les acteurs d'un territoire, la qualité de l'eau, l'innovation déconnectée de l'idée de progrès… La Lyonnaise compte aussi sensibiliser ses salariés aux sciences humaines. Cette chaire s'inscrit dans la continuité d'une démarche engagée il y a trois ans. Elle s'est déjà traduite par le « contrat pour la santé de l'eau ». Sorti fin 2011, ce document issu de deux années d'échanges avec des élus, des usagers et des experts s'était attaché à redéfinir le modèle politique, industriel, économique et social de l'eau.