Avec l'annonce de son partenariat avec le CEA, Veolia Environnement veut clairement se positionner sur la filière de démantèlement et de déconstruction des installations nucléaires. Certes la filière est encore en émergence, mais très prometteuse. « Dans le monde, 300 réacteurs devront être arrêtés dans les vingt prochaines années. Soit un marché de 220 milliards d'euros », rappelle Antoine Frérot, le P-DG de Veolia Environnement. Rien qu'en France, le coût du démantèlement a été estimé par la Cour des Comptes à 32 milliards d'euros. Le CEA, lui-même, consacre déjà près de 600 millions d'euros par an au démantèlement de ses propres installations. C'est dire que la collaboration qui démarre concrétise la stratégie d'Antoine Frérot, qui réaffirme le recentrage du groupe « sur les marchés qui dégagent du volume et de la valeur ». Le démantèlement est un marché très morcelé et structuré par métier (ingénierie, BTP, gestion des déchets). Veolia veut devenir ensemblier intégrateur. Le groupe a créé en décembre dernier une entreprise spécialisée, Asteralis, filiale de Sarp Industries. C'est elle qui mettra en œuvre l'accord avec le CEA sur la cartographie radiologique des installations et des outils associés. L'enjeu technique est majeur puisque l'acteur industriel qui – indépendant des opérateurs – caractérisera l'état initial d'un site, définira le scénario de démantèlement et validera l'état final après travaux, tiendra le marché. Si en plus il peut participer à la déconstruction, ce pourrait être l'eldorado. « D'ici trois ou quatre ans, nous pouvons espérer un chiffre d'affaires de plus de 400 millions par an », évalue Antoine Frérot.