Comment cibler les polluants sur lesquels agir de manière prioritaire ? C'est à cette question que s'est attelé l'Ineris. Trois années de travail et de réflexions ont été nécessaires pour mettre au point un outil d'aide à la décision pour hiérarchiser les substances préoccupantes pour la santé et l'environnement, qui sera utilisé pour la construction de la troisième édition du Plan national santé et environnement. La méthode, originale, fait la synthèse des différentes approches existantes. Elle a mobilisé les experts de l'Ineris et d'autres institutions, mais aussi des représentants de la société civile. C'est ainsi que la liste initiale de 200 substances, établies via plusieurs bases de données, a été portée à 320 substances une fois soumises aux parties prenantes. Elle ne comprend pourtant pas le radon, ni les particules fines, qui n'entrent pas dans les compétences de l'Ineris. La priorisation des substances s'est faite en fonction de dix critères, dont la pondération a été soumise à deux groupes distincts. Il en ressort deux types de préoccupations, selon que le groupe apporte plus d'importance aux « populations sensibles » ou à la « population générale affectée ». Une troisième liste est proposée à partir d'un indice de risque collectif. En fonction des groupes, la dioxine apparaît en tête des substances préoccupantes, ou le benzo (a)-pyrène, ex aequo avec un plastifiant (DEHP). Cependant, en élargissant le regard, des substances communes sont présentes dans les 100 premiers rangs : HAP, pesticides, métaux lourds, solvants chlorés, dioxines, PCB…