Fady Khallouf, le directeur général de Theolia, va jusqu'à parler de nouvelle « âme » pour l'entreprise. Le rachat de la société allemande Breeze Two marque en tout cas un véritable changement de cap pour le groupe d'énergie éolienne, sauvé de la faillite en 2009 par une profonde restructuration financière qui avait fortement contraint ses moyens de développement. Depuis, sa santé reste sous surveillance avec encore près de 240 millions d'euros de dettes nettes. Mais la stabilité de sa situation économique et industrielle lui permettent aujourd'hui de profiter des occasions d'acquisitions qui se multiplient dans le secteur de l'éolien en Europe. Le rachat de Breeze Two Energy va faire passer de 297 MW à 634 MW sa capacité installée exploitée en propre, sur un total de 1 266 MW gérés. Sur la base d'une intégration annuelle de la société allemande, le chiffre d'affaires consolidé de Theolia dépassera ainsi 100 millions d'euros, contre 67,5 millions en 2011. Ce changement de taille opéré quasiment sans coûts d'exploitation supplémentaires, ni modification majeure de la plateforme opérationnelle de Theolia, devrait provoquer un important effet de levier sur la rentabilité de la société, toujours déficitaire. Cela permettra de mieux répartir et absorber les charges financières supportées. Rien qu'au premier semestre 2012, Theolia a dû rembourser 14,2 millions d'euros à ses différents créanciers, contre 6,7 millions un an plus tôt. La direction du groupe ne souhaite pas encore s'engager sur une date de retour aux bénéfices.
La transaction est financée principalement par un crédit-vendeur de 34 millions d'euros arrivant à échéance en 2026, contracté par BGE Investment, filiale luxembourgeoise détenue à 100 % par Theolia. Afin de limiter le risque, la filiale est sans recours sur sa maison mère. Theolia s'est toutefois engagé à garantir une partie de la dette contractée en fonction du niveau des flux de trésorerie dégagés par Breeze Two Energy. En tenant compte de sa dette, le producteur allemand est valorisé 309 millions d'euros, soit un prix d'environ 850 000 euros par MW. JD