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Les mirages de la conversion du plastique en pétrole

LA RÉDACTION, LE 18 FÉVRIER 2013
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Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
En France, les déchets plastiques ménagers représentaient deux tiers des deux millions de tonnes de plastiques usagés collectés en 2011. Après valorisation matière pour 25  % d'entre eux, le million de tonnes résiduel a fait l'objet, à relative égalité, de valorisation énergétique ou d'enfouissement technique. «  Ressource gâchée ! » clament en cœur l'industrie de la plasturgie et plusieurs sociétés qui ont relevé le défi de redonner aux plastiques non recyclés leur « nature initiale » de produit pétrolier. L'américaine Agilyx, implantée à Beaverton (Oregon), a ouvert le bal en 2005. Depuis 2009, sa première unité de production convertit effectivement chaque jour 10 tonnes de déchets. Autre acteur «  historique  » majeur, la société britannique Cynar PLC fait fonctionner depuis 2010 une unité pilote à Portlaoise (Irlande) dans le cadre d'un partenariat avec Sita UK, filiale de Suez Environnement. Après amélioration de la phase de préparation et du pré-tri des déchets pour éviter la formation de gommes, la première unité de production sera mise en service en juin à Avonmouth, près de Bristol. Elle convertira jusqu'à 20 tonnes de déchets par jour. Tandis qu'au Canada, la société américaine JBI s'est invitée dans la danse en 2009. Elle fait fonctionner deux unités de production qui traitent chacune 43 tonnes de déchets par jour. À l'aube d'une industrialisation des différentes technologies aux quatre coins du monde, le taux de conversion revendiqué est de l'ordre de 75 %. Soit une production de 850 à 950 litres de gazole par tonne de plastiques exploités. Ce résultat séduisant ignore toutefois trois points clés  : la nature du plastique, les produits obtenus en sortie et leur prix de revient. «  Soyons clairs, aucun procédé thermique ne produit directement un carburant utilisable dans un moteur », précise Jean-François Gruson, de la direction économie et veille de l'IFP EN. Entre autres composés – gazeux et/ou solide – produits, le liquide obtenu est un ensemble d'huiles pyrolytiques qu'il faut ensuite distiller. Par « Aucun procédé thermique ne produit un carburant utilisable dans un moteur » exemple, pour séparer le gazole du kérosène ou de l'essence. Et qu'il faut stabiliser par des traitements complémentaires.  Selon certains experts, la composition du mix de plastiques en entrée pourrait même faire chuter le taux de conversion plastique-gazole à 40 % avec un tout venant de déchets ménagers peu favorables. Dès lors, comment évaluer le prix de revient de ces gazoles de conversion ? Pour chaque unité et débouché de carburant, il dépend de facteurs inconnus à ce jour : investissements dans l'unité de conversion, coût de fonctionnement, prix réel d'une matière première « de qualité », coût des traitements secondaires… Et quels seront les taxes et éventuels financements de soutien à cette production de carburant particulière ? « Si le coût de revient de ce gazole le positionne favorablement sur le marché, suppose Jean-François Gruson, les quantités que l'on pourrait produire en convertissant 50 % de la matière plastique résiduelle mondiale (environ 30  Mt) plafonnerait au mieux à 15-20 millions de tonnes de gazole… quand on en consomme 800 aujourd'hui dans les transports. » Autre argument en sa défaveur, ce carburant garderait son caractère fossile et ne participerait quasiment pas à la réduction des gaz à effet de serre (GES) dans les transports. Du point de vue GES, il pourrait être préférable de recycler les déchets en matériau qu'en énergie. « Nous attendons le retour d'expérience de l'unité de production Cynar-Sita UK pour décider, courant 2014, d'implanter ou non une première usine similaire en France  », indique Cyril Fraissinet, directeur industriel de Sita. L'enjeu ? Améliorer le taux de valorisation global des déchets plastiques ménagers : « Une telle usine de conversion installée à proximité d'un centre de tri lui permettrait de générer la quantité de gazole nécessaire à ses propres véhicules de collecte  », imagine Cyril Fraissinet. La (re)conversion des déchets plastiques nous fait donc cette promesse, à défaut de s'affranchir des enjeux environnementaux liés à la combustion des hydrocarbures.


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