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Le réseau amorce une timide transition

LA RÉDACTION, LE 25 FÉVRIER 2013
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Oui, le réseau de transport d'électricité évolue. En atteste le récent partenariat noué entre le gestionnaire RTE et le syndicat des énergies renouvelables (voir EMC n°165). Le bilan électrique 2012 de RTE, d'ailleurs, le confirme. Selon les rédacteurs de ce rapport, l'année passée témoigne de « l'amorce de l'amorce » de la transition énergétique, modifiant en profondeur un système électrique européen par ailleurs affecté par la crise économique. Dans le détail, en France, la consommation brute d'électricité a augmenté de 2,1 % en 2012, une hausse plus forte que celle constatée dans les autres pays d'Europe. En cause, une vague de froid parmi les trois plus sévères de ces trente dernières années, tant en termes d'intensité que de durée. Corrigé de cet aléa météorologique majeur, et notamment du pic historique de consommation du 8  février (102,1  GW à 19  heures), la consommation française s'avère « légèrement en baisse » et se stabilise aux alentours de 480 TWh en une année. Cette évolution résulte à la fois de la crise économique et d'une moindre électro-intensité. La consommation de la grande industrie affiche ainsi sur 2011 et 2012 un recul annuel de 4 % (hors secteur énergie), les baisses les plus importantes concernant l'automobile, la sidérurgie, les industries du papier carton ainsi que le transport ferroviaire. La consommation des particuliers et des professionnels, en revanche, continue à croître (+ 2,4 % en 2012). Elle est tirée par la croissance du nombre de ménages, le développement de nouveaux usages (informatique, télécommunications), mais aussi par le chauffage électrique. Côté production, l'année 2012 a été marquée par la contribution des énergies renouvelables, hors hydraulique, à hauteur de 4,6  %. En incluant l'hydroélectricité, cette part grimpe à 16,4 %, soit la valeur la plus élevée de ces 5 dernières années, selon RTE. « La puissance éolienne approche le cap des 7 500 MW installés à fin 2012 », chiffre ainsi le gestionnaire du réseau de transport d'électricité. L'année dernière, cette capacité a produit 14,9 TWh… contre 0,3 TWh en 2002.  L'importance des pics de consommation pose tout de même problème  « Le taux de couverture de la consommation par la production éolienne a été de 3,1  % en moyenne annuelle, avec un maximum ponctuel de 12  % le 15  avril  », retrace RTE. Le photovoltaïque, lui, aurait franchi le seuil des 3  500  MW installés. Et fin décembre, 350  MW de photovoltaïque et 1  500  MW d'éolien terrestre (sans compter les 2  000  MW envisagés en mer) étaient officiellement comptabilisés en fil d'attente. Peut-on pour autant considérer que le réseau a engagé sa transition ? Selon Vincent Legrand, directeur de l'Institut Négawatt, organisme de formation de l'association éponyme, « l'importance des pics de consommation, qui ont représenté jusqu'à 50 % de la puissance européenne en 2012, pose tout de même problème  ». D'autant que, sur ce point sensible, la perspective n'est guère à l'amélioration. « Les responsables de RTE admettent que la puissance appelée pendant cette période d'hyperconsommation saisonnière devrait encore progresser. Il est temps de réagir », interpelle-t-il. Vincent Legrand rappelle que cette situation a contraint la France à acheter à l'Allemagne en 2012 des quantités importantes d'électricité au prix fort (de l'ordre de 2 euros le kilowattheure). Cette année, RTE prévoit d'investir 1,44 milliard d'euros, contre 1,36 milliard l'an passé. Plusieurs raisons à cela  : renforcer le réseau, améliorer la qualité de l'électricité acheminée, intégrer les renouvelables… Le gestionnaire s'appuiera notamment sur les schémas de raccordement. En Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne et Picardie, ces documents ont été approuvés par les préfets de régions. Attention toutefois, prévient Vincent Legrand, certains considèrent «  que pour chaque kilowatt installé, il faut redimensionner le réseau à même hauteur. Un tel raisonnement ne tient pas compte du phénomène de foisonnement. La disponibilité des capacités éoliennes installées n'est jamais de 100  %. Les nouvelles capacités ne nécessitent donc pas forcément de surdimensionner le réseau. »


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