Confortée par l'annonce récente d'un contrat d'un milliard d'euros dans le projet d'éolien offshore DolWin3 North Sea Grid en Allemagne, Alstom veut croire à la reprise des investissements dans les renouvelables et le « smart grid ». Ces deux divisions représentent 30 % de ses revenus totaux et 25 % de son bénéfice. Lors d'une réunion organisée récemment pour les financiers, la direction du groupe a indiqué que ces deux activités avaient certainement atteint leur point bas l'an passé, en revenus comme en rentabilité. Dans l'éolien et l'hydroélectricité, 2012 a été particulièrement faible avec 63 GW installés par le groupe, contre 77 GW au cours des années précédentes. Mais selon Jérôme Pécresse, le dirigeant de la division « renouvelables », le volume d'activité devrait remonter entre 85 et 90 GW dans les prochaines années. Il sera porté notamment par la reprise de la demande et des prix dans l'hydroélectricité en Chine, pays qui représente la moitié du marché mondial. Or, Alstom est le numéro un mondial de ce segment, en fournissant environ un quart des équipements. Dans l'éolien, le terrestre risque de stagner autour de 35-40 GW dans les prochaines années. Le groupe a d'ailleurs réduit les capacités de production de ses sites industriels en Espagne ces derniers mois. En revanche, l'offshore est promis à un fort développement, estime Alstom. Le groupe a été retenu dans quatre projets français pour un montant de 2 milliards d'euros, soit 240 turbines qui devraient assurer la charge de production de ses usines françaises pendant au moins trois années. Enfin le « smart grid », activité développée sur la base de ses anciennes activités « transmission & distribution » : Alstom s'attend là à une remontée de ses marges. Les prix des commandes se stabiliseraient sur des niveaux compatibles avec ses gains de productivité naturels, avec une baisse comprise entre 2 % et 3 %. Selon la direction, les conditions « raisonnables » dans lesquelles a été négocié le contrat DolWin3 est rassurant pour l'industrie. Le groupe vise une remontée de sa marge opérationnelle sur ce segment entre 7 % et 8 % à l'horizon 2014-2015, contre un creux à 6,2 % en 2011-2012.