Les détails n'ont pas été dévoilés – ce sera fait d'ici au 4 avril – mais le CEA va bel et bien lancer un « fonds d'investissement en amorçage dans des sociétés fortement technologiques ». Son administrateur général, Bernard Bigot, l'a confirmé à Environnement Magazine Cleantech : « Nous disposions déjà du fonds CEA Investissement. Mais au vu de notre rythme de croissance dans le développement technologique, nous avions besoin d'un complément », justifie-t-il. Baptisé « Amorçage technologique investissement », le nouveau-né sera aussi porté par CDC Entreprises, sous l'égide de la Banque publique d'investissement (BPI) et du Commissariat général à l'investissement (CGI). Ce fonds illustre l'évolution du CEA en direction des start-up et PME. À l'origine, il ne finançait que ses propres essaimages. Puis, il s'est ouvert à des personnes extérieures, « mais toujours autour de technologies issues ou codéveloppées par le CEA », a précisé le directeur général de CEA Investissement, Régis Saleur, le 20 mars lors d'un colloque du CEA sur le transfert industriel. Le nouveau fonds devrait être encore plus ouvert. Et pour cause, le contexte politique est à la ré-industrialisation. « Nous n'investirons que là où nous disposons d'une expertise technique », signale Régis Saleur. L'énergie est notamment concernée. Mais en réalité, la cible est large. Biotechnologies, nanotechnologies, matériaux avancés... « Nous sommes positionnés sur des technologies génériques déclinables dans différentes industries », pointe Jean Therme, directeur de la recherche technologique. À la demande du Premier ministre, l'établissement est ainsi en train d'installer trois plateformes régionales à Toulouse, Nantes et Bordeaux. Ce seront des portes d'entrée au CEA pour les PME locales. L'objectif ? Diffuser sa propriété industrielle dans les tissus industriels régionaux. Le CEA a en effet déposé 665 brevets en 2012. Il en prévoit 750 pour 2013. L'enjeu est d'en faire profiter les PME. Par exemple dans les transports à Toulouse, dans le bâtiment à Bordeaux, dans le photovoltaïque et les énergies marines à Nantes. Pour l'instant expérimental, ce dispositif partenarial a trois ans pour faire ses preuves.