Le débat national sur la transition énergétique entame une nouvelle phase.
Si les premiers groupes de travail ont déjà présenté leurs recommandations le 25 avril (voir EMC n° 175), les semaines à venir s'annoncent autrement plus intensives. Au point que le conseil national du débat pourrait se réunir deux fois par mois, contre une seule jusqu'alors. Le 14 mai devrait être consacré à la dimension européenne. Le 23, aux conclusions d'autres groupes de travail (sur les scénarios prospectifs, le financement...). Le 25, se déroulera par ailleurs la journée citoyenne : des panels représentatifs de Français seront interrogés en régions.
« Se pose la question de savoir comment rassembler tout cela », reconnaît Laurence Tubiana, membre du comité de pilotage. L'heure de la synthèse approche et ses modalités ne sont pas encore définies. Les différents rapporteurs se disent certes satisfaits des consensus obtenus dans leurs groupes de travail respectifs. Mais rien ne laisse présager de ce qu'il adviendra de leurs rapports.
« La contrepartie d'une approche par consensus est de limiter l'ambition. Si elle est rabotée à chacune des étapes à venir, il ne nous restera plus rien au final », prévient un acteur du débat. Pour l'instant, des séries de mesures ont été établies, sans hiérarchie. « Nous ressortirons du débat avec une boîte à outils.
C'est plutôt une bonne nouvelle. Mais il faudra aussi un scénario de transition énergétique. Ce sera au gouvernement de trancher et d'en choisir un », nuance un autre acteur. Car la dernière séance du conseil national l'a prouvé, le bras de fer se poursuit entre les différents camps (ONG, Medef, syndicats de salariés...). Typiquement sur les objectifs de réduction de la demande en énergie.
Quelle que soit la forme qu'elles prendront, les conclusions du débat en cours seront suivies d'un classique processus parlementaire. Mais Laurence Tubiana a déjà une certitude : « Il faudra impérativement un outil pour réajuster les décisions qui seront prises. » Le débat ne fait que débuter.