Soutenu par le Crédit Coopératif, Valorem vient de se doter d'un nouveau moyen de financement. Les riverains du parc éolien d'Arfons-Sor, à la limite du Tarn et de l'Aude, investissent ainsi depuis la fin 2012 dans un compte d'épargne destiné, à terme, à contribuer au financement du projet. La somme viendra remplacer les fonds propres apportés par l'exploitant de centrales. En échange, les souscripteurs perçoivent une rémunération aux conditions du marché, à un taux de 5,25 %. Ce financement de proximité offre deux avantages. D'abord, mobiliser plus facilement l'épargne. Surtout, impliquer directement et financièrement les riverains, parfois réticents à voir des éoliennes s'installer devant leurs fenêtres. Compte tenu du caractère expérimental du projet, les deux partenaires ont limité à 250 000 euros la taille du compte, souscrit par dix-sept particuliers. De même, Valorem et le Crédit Coopératif ont souhaité réduire les incertitudes. Ils ont donc retenu pour le projet un site déjà en fonctionnement. Le parc éolien d'Arfons-Sor a été mis en service en novembre 2009. Les onze éoliennes du parc produisent plus de 60 000 MWh par an, soit la consommation domestique d'une ville comme Carcassonne. Mais la volonté du Crédit Coopératif et de Valorem est bien de développer ce mode de financement sur d'autres projets, plus en amont de leur développement, voire sur d'autres sources d'énergies renouvelables. Un montant d'un million d'euros est envisageable, selon eux. Dans certains pays, près de la moitié des infrastructures d'énergies renouvelables sont directement financées par des particuliers, rappellent les partenaires. La France est l'un des pays européens où les contraintes réglementaires relatives à la collecte de l'épargne sont parmi les plus rigides d'Europe, à la différence de l'Allemagne ou du Danemark par exemple. Le recours à l'investissement participatif y est bien plus répandu. Selon le Crédit Coopératif, membre du syndicat des énergies renouvelables, l'investissement participatif pourrait constituer un excellent levier de démocratisation des renouvelables en France.