Après le « smart grid » avec Actility et l'éolien offshore via Seatower, Electranova Capital se branche sur les batteries électriques. Le fonds d'investissement conjoint d'EDF et Idinvest Partners est devenu l'actionnaire majoritaire de Forsee, à la place d'Argos Expansion, aux côtés du dirigeant de la société, Christophe Gurtner. Le montant de la transaction n'est pas dévoilé. L'opération comprend une augmentation de capital destinée à financer la croissance de Forsee, dont le chiffre d'affaires devrait atteindre une dizaine de millions d'euros en 2013, contre 6 millions en 2012 et 1 million en 2011. Elle devrait être rentable à un horizon de 12 mois. Les équipes d'Electranova ont étudié les dossiers de plusieurs dizaines de sociétés du secteur avant de choisir Forsee, créée sur la base des activités d'Uniross. La société a un positionnement d'intégrateur de systèmes de batteries pour les industriels. Avec son bureau d'études, elle dispose « d'une connaissance intime du mode d'utilisation de la batterie, de ses composants physiques et chimiques », indique Nicolas Chaudron, associé d'Electranova. Selon lui, « ce savoir-faire est indispensable pour optimiser la conception et le fonctionnement de la batterie ». Ce positionnement, entre fabricants et utilisateurs, permet également à Forsee d'échapper à la forte correction actuelle du marché mondial des batteries, symbolisée par la faillite de l'américain 123Systems. Avec les actuelles surcapacités de production, liées à l'emballement de ces quatre ou cinq dernières années, l'enjeu n'est pas de développer des technologies de rupture, mais d'optimiser les solutions existantes, estime Forsee. Avec l'appui d'EDF, dont trois représentants ont été détachés chez Electranova aux côtés des trois associés d'Idinvest, le fonds a accès aux 2 000 chercheurs du groupe. « Cela permet aussi de nourrir des synergies commerciales et industrielles entre les sociétés du portefeuille et EDF », ajoute Nicolas Chaudron. De nouveaux investissements sont attendus cette année, Electranova prévoyant de réaliser en moyenne quatre opérations par an d'ici à 2016, avec une capacité financière totale de 70 à 80 millions d'euros.