Si l'Union européenne ne remédie pas aux défaillances de son système d'échange de quotas ETS, elle devra consentir à une réduction additionnelle de ses émissions de gaz à effet de serre en 2030. C'est la conclusion d'un rapport publié le 11 juin par le groupe de consultants Ecofys. Il est intitulé « Prochaine étape dans l'action climatique de l'UE : établir des objectifs pour 2030 ». Aujourd'hui encore, un grand flou règne sur la réforme à court terme de l'ETS pour faire remonter le prix de la tonne de carbone. En l'état, le rapport chiffre à 7 % l'effort de réduction à faire à l'horizon 2030 pour absorber l'actuel surplus de quotas. Cet effort viendrait s'ajouter à la trajectoire par ailleurs nécessaire. L'objectif pour 2020 est ainsi une réduction des émissions de 25 %. S'il est atteint, le rapport préconise ensuite une baisse d'environ 49 % en 2030 par rapport à 1990 (objectif moyen d'une fourchette allant de 39 % à 79 %). Et ce, sans prendre en compte l'effet du surplus de quotas, qui s'y ajouterait donc. « Ce rapport montre que l'objectif de 40 % mis sur la table par la Commission européenne est tristement inadéquat, surtout si l'on tient compte de l'impact d'un ETS défaillant », a réagi Joris den Blanken, directeur de la politique climatique de l'UE chez Greenpeace. Notons qu'en mai le Royaume-Uni a proposé une réduction de 50 % pour 2030. La suite du calendrier prévoit un nouveau vote sur la réforme de l'ETS, le 19 juin, au sein de la commission de l'environnement du Parlement européen. Parlement qui, lui, se prononcera en plénière en juillet.