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Le stockage de CO 2 en panne

LA RÉDACTION, LE 24 JUIN 2013
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Qui s'intéresse encore au stockage du CO 2 en Europe  ? Cette technique a beau être jugée incontournable pour limiter les émissions de ce gaz à effet de serre par l'Agence internationale de l'énergie, l'appel à projets NER300 de l'Union européenne n'a pas eu de succès. Il visait à soutenir la création de site de captage et de stockage à l'horizon 2015  : aucun projet n'a répondu aux critères du cahier des charges. Et parmi les six démonstrateurs retenus en 2009 dans le cadre du plan de relance économique, trois ont été abandonnés. Pourtant, l'Union européenne soutient des projets depuis 1993 via les programmes cadre pour la recherche et développement. En France, depuis le retrait d'ArcelorMittal sur Ulcos, il y a trois démonstrateurs : France Nord (Total, GDF  Suez), Pil-Ansu (EDF, GDF, Alstom, Armines) et C2A2 (EDF, Alstom, Veolia), soutenus par l'Ademe. À quoi il faut ajouter l'injection, achevée ce printemps, de 100 000 tonnes de CO 2 dans le site gazier de Lacq par Total. Au niveau mondial, il existe déjà 17 sites industriels de stockage du CO 2, et 55 en projets. Aux États-Unis, un site industriel enfouit le CO 2 depuis… 1972 ! Et pas de petites quantités : 1,3 million de tonnes par an. En Europe, la Norvège concentre les deux projets opérés à l'échelle industrielle, 700 000 et un million de tonnes par an. «  Les techniques de captage et stockage du carbone sont maîtrisées. Les connaissances sur le stockage naturel du méthane et du CO 2 montrent sa fiabilité : ces gaz sont emprisonnés depuis des millions d'années. Et le stockage saisonnier du méthane, dans des cavités naturelles, est utilisé couramment depuis les années 1950  », rappelle Salvatore Lombardi, du Centre de recherche sur les risques géologiques (Ceri) de l'université de Rome, en Italie. Mais reste la question du coût. Les sites existants fonctionnent sans subventions grâce à une taxe sur les émissions, qui rend l'injection rentable à partir de 30 euros la tonne en Norvège. Et c'est tout le problème de l'appel à projets NER300 : son financement. Les fonds proviennent de la vente de quotas de CO 2, mais avec l'effondrement du prix de la tonne, le budget a fondu de 4,5 à 6 milliards d'euros à quelque 1,2 milliard. En relançant l'appel dans la foulée (les dossiers sont acceptés jusqu'au 3 juillet), l'Union a voulu stimuler les industriels avec la vente de 100 millions de quotas de CO 2 supplémentaires, qui s'ajouteront aux fonds non dépensés du premier appel. Mais l'abondance des quotas n'incite pas les industriels à réduire leurs émissions. Au point que les spécialistes anticipent un nouvel échec de cet appel à candidatures. Pour autant, les géologues ne veulent pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Réunis au sein du réseau d'excellence CO2GeoNet, qui compte 34 instituts de recherche dans 28 pays, ils militent pour des sites expérimentaux. Pour les identifier, ils ont diffusé un questionnaire afin de recenser les projets : sites potentiels de stockage, capacités, sites pilotes, recherches, mais aussi avancement de la transposition de la directive sur le captage et le stockage du CO 2 (CSC), etc. Le résultat, révélé lors du colloque annuel du réseau, en avril, est un état de l'art  : «  Nous avons identifié 22 propositions, dans 13 pays, de sites de stockage potentiels, d'une capacité inférieure à 100  000  t/an, la limite pour ne pas nécessiter de permis d'injection selon la directive CSC. C'est une étape préalable avant de passer à une capacité supérieure  », explique Isabelle Czer-nichowski-Lauriol. Les conclusions de la plateforme technologie européenne pour des centrales électriques zéro émissions (ZEP) vont dans le même sens : « Nous proposons trois étapes pour développer l'injection du CO 2  : des démonstrateurs techniques aujourd'hui, le déploiement de la technologie en 2020-2030, et l'industrialisation à grande échelle en 2050, prévoit Wolgang Rolland, membre de la plateforme ZEP. Il faut six nouveaux pilotes de stockage pour tester les conditions géologiques, opérationnels d'ici à 2016, à raison de 40 à 80 millions d'euros par pilote ». De telles installations permettraient notamment de suivre les fuites de CO2, afin de valider l'efficacité de la technologie. Un puits d'injection abandonné, à Weyburg au Canada, témoigne aujourd'hui d'un taux de fuite de 1 %.


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