C'est donc finalement Philippe Martin, nouveau ministre de l'Écologie, qui accompagnera la fin du débat sur la transition énergétique. Et non Delphine Batho, congédiée le 2 juillet. Officiellement, tout continue comme avant. « Suivant le calendrier prévu », a confirmé le 3 juillet à Environnement Magazine Cleantech Bruno Rebelle, membre du comité de pilotage, en marge d'une audition d'experts sur les gaz de schiste. Lors de ce débat contradictoire, la chaise du nouveau ministre est restée inoccupée : Philippe Martin était « retenu à Matignon », selon Thierry Wahl, secrétaire général du débat. S'il avait été présent, il aurait pu entendre les experts – y compris ceux favorables à l'exploitation des hydrocarbures non-conventionnels – s'accorder sur un point : il n'y aura pas de « miracle gaz de schiste à l'américaine » en France. Pour le reste, les inconnues sont multiples (quantité et qualité des réserves, effet sur le climat, pertinence économique... ). Seule certitude : l'exploitation des gaz de schiste est « une activité industrielle avec des risques associés », assume Bruno Courme, représentant de Total. Autre caractéristique, « la production d'un puits baisse de 60 à 80 % après la première année », chiffre-t-il. En conséquence, « pour continuer à produire, il faut continuer à forer », avec l'impact social associé, résume Christian Besson, de l'AIE. Le sujet s'avère donc très politique, au sens d'une analyse des risques au regard des priorités... que doit fixer le débat en cours sur la transition énergétique. Ce 8 juillet, un séminaire est organisé sur les recommandations issues des Régions. Le 18 juillet, le conseil national du débat se réunira pour valider un compromis final. Le changement inattendu de ministre a toutefois attisé la vigilance de parties prenantes qui attendent des signaux favorables de l'exécutif. « Le premier moment de vérité sera ce 9 juillet, avec l'annonce par le gouvernement de nouveaux investissements d'avenir », guette Matthieu Orphelin. Et le porte-parole de FNH de prévenir : « Les montants attribués à la transition énergétique devront se compter en milliards d'euros, pas en centaines de millions. »