Global Bioénergies entre dans le vif du sujet. Après des années de recherche et développement, la société fondée en 2008 par Marc Delcourt et Philippe Marlière lance la phase d'industrialisation de ses procédés de production d'isobutène à partir de matières renouvelables. Des technologies validées en laboratoire, mais qui doivent maintenant subir des tests grandeur nature. Le groupe prévoit ainsi la construction de deux unités pilotes. La première comprend un fermenteur de 500 litres offrant une capacité de production de 10 tonnes d'isobutène par an, utilisable pour certaines applications comme le Plexiglass. Il sera exploité par un consortium composé de Global Bioénergies, d'Arkema et du CNRS. Ce projet est soutenu par le programme des investissements d'avenir de l'État à hauteur de 5,2 millions d'euros, dont 4,2 millions pour Global Bioénergies. Le second pilote vise d'autres types d'applications, comme la production de carburant ou de caoutchouc synthétiques. Il nécessitera la construction d'une unité de fermentation de 5 000 litres, soit une capacité de production de 100 tonnes annuelles d'isobutène de haute pureté. La construction de ces sites pilotes nécessite de nouveaux financements pour Global Bioénergies. La société a déjà levé des fonds lors de son introduction en Bourse il y a deux ans (6,6 millions d'euros) et d'une augmentation de capital l'an dernier (3 millions d'euros). Cette fois, la société va demander à ses actionnaires d'apporter 20 millions d'euros. Le fonds Seventure Partners, qui détient déjà 39,7 % du capital, s'est engagé à apporter 1 million. Le groupe sucrier Cristal Union, à la tête de 4,2 %, rajoutera 2,7 millions. Enfin, le groupe CIC apportera 9 millions d'euros, soit près de la moitié de l'augmentation de capital. Ces engagements sont à la hauteur des promesses de la société, dont le programme le plus avancé – l'isobutène – représente un marché de plus de 25 milliards de dollars. Reste maintenant à produire les premières tonnes et à mettre en œuvre les licences déjà signées avec des industriels. Car, pour l'instant, Global Énergies ne génère aucun revenu.