Quelles synergies existe-t-il entre les deux entreprises ?
Il n'y a plus deux entreprises, mais une seule : Quadran. Au 30 juin, nous avons entériné la fusion d'Aérowatt et de JMB. L'ensemble représente 115 collaborateurs, un chiffre d'affaires de 70 millions d'euros et 136 centrales en exploitation, sans compter la vingtaine en construction. En fin d'année, Quadran devrait ainsi disposer d'un parc de 250 MW dans l'éolien, 60 MW dans le solaire, 15 MW dans le biogaz et 5 MW dans l'hydraulique. Si nous avons rapproché les deux entreprises, c'est d'abord par envie de travailler ensemble. Jérôme Billerey, qui dirigeait Aérowatt, et moi-même nous connaissons depuis 20 ans. Nos structures sont complémentaires, en particulier sur le plan géographique. JMB était plutôt présent dans le Sud et le Nord-est de la France, Aérowatt dans l'Ouest et les DOM. Là où nous étions tous deux présents, nous avons codé-veloppé des projets.
Il y avait aussi un intérêt stratégique…
Oui, le marché des renouvelables est en train d'évoluer. Jusqu'à présent, les filières étaient relativement protégées, avec notamment le tarif d'achat. Mais nous allons indéniablement vers un système plus concurrentiel. L'idée était donc d'être plus gros pour être plus fort et peser davantage.
Quel est l'état du marché des renouvelables ?
Nous ne sommes plus dans l'euphorie des années précédentes. Nous avons compris que l'État voulait canaliser le développement des renouvelables. Le solaire dépend par exemple d'appels d'offres aux volumes très faibles pour lesquels l'État privilégie des technologies complexes. Le dispositif n'a pas vocation à déployer massivement les centrales, mais à structurer une filière avec de petits volumes. Dans l'éolien, l'avocat général de la Cour de Justice vient de rendre sa décision (voir encadré, ndlr), mais tout le monde savait depuis un an et demi ce qui allait se passer. La réaction de l'État n'est absolument pas rassurante. En jouant la montre, il renforce ma crainte que l'éolien bascule comme le solaire dans un système d'appels d'offres. À ce jour, le portefeuille de projets de Quadran nous permet d'envisager un parc de 500 MW en exploitation en 2015 ou 2016, toutes filières confondues, et 1 000 MW en 2020. Reste à savoir si le marché français va se dégripper. Pour nous, la solution ne peut venir que du local. Nous sommes donc en train d'organiser Quadran en directions régionales ayant une grande autonomie.