Deux laboratoires toulousains, le LGC (CNRS-INP) et le LISBP (Insa) ont développé un procédé biologique permettant la précipitation du phosphore et son utilisation directe comme engrais, ce que les procédés actuels de déphosphoration ne permettent pas. Le LISBP a identifié une variété de bactéries s'agrégeant en granules, ce qui permet la cristallisation du phosphore sous forme d'hydroxyapatite ou de struvite. « Cela permet de traiter l'azote, le carbone et le phosphore dans un seul dispositif, avec une valorisation directe en engrais », explique Béatrice Biscans, directrice du LGC. Un brevet a été déposé et une thèse réalisée pour décortiquer, modéliser et optimiser le processus permettant d'obtenir un niveau d'épuration comparable aux procédés classiques. « En fonction de la composition des effluents, nous sommes capables de prédire le type de cristaux obtenus et leur valorisation éventuelle », ajoute la directrice de recherche. Dans le cadre du projet ANR Phosphor, un pilote a été installé avec la société Valbio pour traiter des effluents d'une fromagerie. Le projet concerne essentiellement les effluents industriels, mais les chercheurs pourraient s'intéresser aux effluents urbains par la suite.