L'Institut des sciences analytiques de l'université de Lyon 1 développe une microcellule électrochimique capable d'analyser en quelques secondes les concentrations des métaux dissous toxiques. Avec une conception spécifique, elle pourrait même cibler des polluants émergents ou des agents pathogènes dans les eaux naturelles ou polluées. Un outil obtenu par micro-usinage laser d'une couche de diamant dopé au bore (BDD) est pour cela placé sur un substrat silicium créant des électrodes. Une microcellule est ensuite alimentée par l'eau à contrôler, pour permettre une mesure précise des concentrations en jouant sur la tension appliquée aux électrodes. « La méthodologie actuelle de surveillance des masses d'eau appliquée dans le cadre de la DCE, fondée sur l'échantillonnage ponctuel et l'analyse en laboratoire, manque de pertinence écologique », souligne Philippe Namour, l'ingénieur qui a développé ce procédé. « Notre concept permet des mesures in situ des métaux dissous, et peut aussi constituer un système d'alerte sur site ». L'équipe travaille désormais à en préciser les capacités avant de le tester dans l'environnement et de développer des prototypes. Elle envisage des applications commerciales dans les trois ans.