En plein débat sur le financement de la transition énergé tique, le chimiste Solvay, le groupe japonais Marubeni et la Caisse des dépôts et consignations ont mis en place un schéma original qui pourrait trouver de nombreux prolon gements. Solvay Energy Services, CDC Climat et Marubeni ont ainsi créé une société commune pour financer et opé rer un projet d'efficacité énergétique dans l'usine de terres rares de Solvay à La Rochelle. Cette entreprise, détenue à parts égales par les trois partenaires, financera la rénova tion d'une turbine à gaz et le remplacement d'une chauf ferie au fuel par une nouvelle plus performante alimentée au gaz, ce qui réduira significativement la consommation d'énergie et les émissions de carbone. Solvay espère ainsi améliorer la compétitivité de son usine, tout en réduisant son impact environnemental.
Ses deux partenaires bénéficieront en retour d'une rému nération à long terme, via le contrat de fourniture d'éner gie signé par Solvay. Les détails financiers du montage ne sont pas dévoilés. Mais les trois associés ont l'intention de déployer leur alliance sur d'autres dossiers, alors que les industriels ont souvent du mal à trouver des financements pour leurs projets énergétiques. Malgré la hausse du coût de l'énergie, ces investissements sont parfois considérés comme secondaires par rapport à ceux concernant directe ment l'activité des industriels. La coentreprise entre Solvay Energy Services, CDC Climat et Marubeni pourrait inves tir jusqu'à 300 millions d'euros dans des projets d'efficacité énergétique, pour des tickets unitaires compris entre 5 et 50 millions, avec des retours sur investissement de cinq à dix ans. Dans un premier temps, le mode de financement sera décliné sur d'autres sites de Solvay. Puis il sera proposé dès l'an prochain à d'autres industriels. Selon l'Ademe, les groupes industriels représentent un peu plus d'un quart de la consommation énergétique en France, d'où un impact fort en cas de mutation de leurs usages.