Le débat sur la transition énergétique est relancé. Le président de la République avait certes fixé fin septembre, lors de la Conférence environnementale, une trajectoire. En particulier, des objectifs d'économies d'énergie pour la France aux horizons 2030 (-30 % de ressources fossiles) et 2050 (-50 % de consommation d'énergie). Mais le débat se poursuit sur fond européen. « Il n'est pas possible de faire une transition énergétique si l'Allemagne a une politique, la France une deuxième, le Royaume-Uni une troisième... Il faut absolument améliorer la coopération », a demandé le 22 octobre Jean-Jacques Nieuviaert, chef économiste de l'Union française de l'électricité (UFE). Ce jour-là, se tenait le colloque annuel de l'UFE. En ligne de mire, se trouvent les objectifs que va se fixer l'Union européenne pour 2030. Les électriciens militent pour un critère unique, le CO 2, là où le 3 x 20 pour 2020 intègre aussi une cible sur l'efficacité énergétique et une autre sur les renouve-lables. L'UFE va plus loin : « Il est abso-lument nécessaire de comparer les coûts des renouvelables à ceux des économies d'énergie », argumente Jean-Jacques Nieu-viaert. En substance, l'UFE préconise de s'appuyer sur le parc de production existant, puis de privilégier les renouvelables pour assumer la hausse inéluctable de la demande d'électricité sauf si les économies d'énergie coûtent moins cher. Il faut dire que les renouvelables, protégées par les dispositifs de soutien, déstabilisent actuellement le marché européen de l'électricité (voir EMC n° 192, rubrique Économie & finance). Néanmoins, le président de l'Ademe a fait peser tout son poids institutionnel pour réaffirmer les priorités du gouvernement. Il s'est appuyé sur les scénarios de prospective de l'Ademe « volontaristes mais réalistes », qui prévoient notamment une division par deux de la consommation d'énergie française en 2050 (voir EMC n° 155). « Ce n'est pas qu'une perspective d'ONG, a insisté Bruno Léchevin. Un débat est ouvert, mais un cadre a été fixé par le président de la République. Il ne faut pas l'oublier. »