La situation ne pouvait plus durer. Engagés depuis des mois dans une lutte pour le contrôle du capital de Dalkia, Veolia Environnement et EDF ont décidé de se partager leur filiale commune de services à l'énergie créée en 2000. Compliqué, nécessitant notamment l'autorisation de plusieurs autorités, le divorce prendra plusieurs mois avant d'être réellement effectif. Mais il permettra de lever les nombreuses incertitudes engendrées par le conflit entre ses deux actionnaires. Fin 2012, la tension était telle entre Veolia et EDF que Dalkia risquait de se retrouver à cours de financement, obligeant son président Franck Lacroix à alerter publiquement ses actionnaires sur la dangerosité du litige. Une situation exacerbée par la lutte de pouvoir personnelle entre Antoine Frérot, P-DG de Veolia, et son prédécesseur Henri Proglio aujourd'hui à la tête d'EDF.
Le projet d'accord, obtenu après plusieurs mois de médiation, prévoit la séparation des actifs du groupe. EDF reprendra ainsi l'intégralité des activités de Dalkia en France tandis que Dalkia International ira chez Veolia Environnement. Le découpage est relativement naturel. Le producteur d'électricité se renforce ainsi dans l'Hexagone, son premier marché, où il pourra plus facilement proposer aux grands consommateurs d'électricité une palette de services associés sous la marque Dalkia, dont il garde l'exclusivité. Quant à Veolia, il profitera de la croissance de Dalkia à l'étranger, notamment en Pologne et dans les autres pays d'Europe centrale, pour accélérer son internationalisation. Ces activités seront progressivement intégrées à la nouvelle organisation lancée par Veolia, non plus par métiers, mais par grandes régions géographiques, afin d'améliorer les synergies commerciales.
Plus dynamiques, les activités à l'international sont également plus rentables que les françaises. Pour un chiffre d'affaires de 4,8 milliards d'euros, leur marge opérationnelle ressortait en 2012 à quasiment 10 %, quasiment deux fois plus que Dalkia France. Une différence qui conduit Veolia à verser un dédommagement de 550 millions d'euros à EDF.