Pour racheter l'entreprise espagnole Fainsa, son concurrent direct sur le marché de fabrication de siège ferroviaire, la PME normande Compin, vient de bénéficier d'une augmentation de capital de 10 millions d'euros. Originalité : l'apport est en partie assuré par un fonds public, Croissance Rail, créé fin 2013 et abondé à hauteur de 40 millions d'euros par Bpifrance, Alstom Transport, Bombardier, la SNCF et la RATP. « Nous injectons 4 millions d'euros, car cet inves tis sement correspond à nos critères. D'autres sont prévus en 2015-2016, confie Pierre Farin, responsable du fonds chez Bpifrance. Nous accompagnons sur ce segment les PME dynamiques qui ne font pas du surplace, mais conquièrent des marchés, innovent, ont une croissance externe. » Passé tout près du précipice, Compin – une entreprise de 400 salariés – a su se restructurer, céder une partie de ses activités pour se recentrer sur ses principaux sites à Évreux, en Pologne et en Bulgarie. Et conclure des marchés avec Alstom et l'équivalent algérien de la SNCF. Une reprise encourageante au vu de la fragile santé des équipementiers et sous-traitants ferroviaires, nombreux, spécialisés dans un corps de métier et dépendant des grands donneurs d'ordres. Dès 2011, un rapport parlementaire alertait sur leur naufrage, expliquant que la SNCF n'était plus « la mère poule du secteur » et qu'ils ne pouvaient plus prétendre « vivre à l'abri de la concurrence ». Un message, une inquiétude que les industriels viennent de réitérer. « Le secteur a connu de belles heures, la concurrence l'a affaibli », complète Pierre Farin. Aujourd'hui à la croisée des chemins, sa reprise est laborieuse, mais le fonds Croissance Rail pourrait la faciliter.