Veolia innove dans le dessalement d'eau de mer avec Hiprode, une configuration de modules membranaires mettant en œuvre des tubes de pression à alimentation centrale. Cette nouvelle technologie offre des voies d'amélioration dans la conception et le fonctionnement des procédés d'osmose inverse.
Dans les installations classiques de désalinisation, les membranes sont insérées dans des tubes de pression, chacun d'entre eux recevant huit éléments de membrane positionnés en série. Le tube est alimenté en eau brute par une extrémité, perméat et concentrat sont recueillis de l'autre, provoquant un gradient de pression et de salinité qui génère un stress important sur le dernier élément de membrane. Avec le design center port, l'eau brute est injectée par le centre du tube, l'eau traitée et la saumure récupérée à ses deux extrémités (ou le contraire). Les pressions sont mieux réparties, les membranes moins sollicitées et leur capacité de production optimisée.
L'usine de dessalement Veolia de Gibraltar a éprouvé une configuration Hiprode à deux étages : la production a augmenté de 180 000 à 200 000 m 3/jour avec un nombre de tubes de pression pourtant réduit de 10 %. « Neuf trains d'osmose inverse ont été installés alors que dix auraient été nécessaires dans une configuration classique, permettant ainsi l'économie d'une pompe haute pression », indiquait Claire Ventresque, ingénieure experte en dessalement chez Veolia Eau, lors du congrès annuel de l'Astee en 2014. Le dessalement, très gourmand en énergie, voit donc ses coûts d'exploitation baisser en conséquence, sans compter un gain de 6 % en investissement sur les équipements. Hiprode ne dispose toutefois pas encore de l'agrément des autorités sanitaires françaises. LG