Dans un contexte où les traitements de l'eau potable doivent être de plus en plus performants, Veolia Environnement recherche & innovation (Veri) a développé Opalix, un nouveau procédé d'élimination de la matière organique sur résine échangeuse d'ions.
Les premiers résultats, présentés lors du congrès annuel de l'Astee en 2014, sont prometteurs : 40 à 95 % d'abattement du carbone organique dissous (COD) selon les caractéristiques des eaux brutes. Pour traiter la matière organique d'origine naturelle (MON) des eaux de surface, le procédé Opalix associe échange d'ions et adsorption grâce à des résines anioniques macro-poreuses, sans aucun ajout de réactif.
Le process est scindé en deux parties. L'unité de traitement réunit l'eau brute et la résine (sous forme de billes) dans une cuve de contact. Après un passage sur un filtre à tamis, la résine gagne l'unité de régénération où elle est désaturée grâce à une solution de chlorure de sodium à 120 g/l, avant d'être renvoyée vers le traitement. Cette régénération in situ et en continu garantit la constance du taux de traitement. « De plus, la réutilisation d'une partie des éluats permet de diviser par deux la consommation de sel de régénération », indique Romain Gandré, ingénieur chez Veri. Un prototype, testé de 7 à 50 m3 /h, a montré d'excellentes performances d'élimination de la MON pour des teneurs en COD inférieures à 4 mg/l : COD et THM sont respectivement inférieurs à 1,5 mg/l et 50 µg/l en sortie de traitement. Positionné entre clarification et affinage pour compléter un traitement classique, Opalix présente un autre avantage non négligeable : il traite 80 à 90 % des sulfates et 40 à 70 % des nitrates. LG