En 2014, l'Onema organisait un hackathon à Paris. Objectif ? Rencontrer les « réutilisateurs de données », des journalistes, développeurs, associations, industriels de l'eau ou scientifiques qui souhaitent exploiter et valoriser la multitude de données collectées dans le cadre du système d'informa tion sur l'eau (SIE) pour d'autres usages, et identifier leurs besoins. Le constat était alors sans appel. « Les données sont disponibles, mais ils ne parviennent pas à les décrypter et à les manipuler. Le SIE est très – voire trop – structuré, si bien que ceux qui n'ont pas l'habitude de l'utiliser au quotidien ne s'y retrouvent pas », détaille Laurent Coudercy, chef du département des données sur l'eau de l'Onema. Par ailleurs, les formats de données sont difficilement exploitables. Le pôle Inside, structure associant l'Onema au BRGM, dotée de compétences pointues en matière de traitement de données et d'interopérabilité, propose alors de lancer Hub'o. Il vise à développer une interface pour simplifier l'accès et la réutilisation des données du SIE sans toucher à l'architec ture du système. Un prototype devrait être opérationnel d'ici douze à quinze mois. « En juin 2016, un nouvel hackathon permettra de tester l'outil auprès des réutilisateurs et de réorienter le produit final si besoin », annonce Laurent Coudercy, qui dirige également le pôle Inside.
Un coup d'accélérateur permis par le programme d'Investissements d'avenir (PIA) avec l'appel à projets « Transition numérique de l'État et modernisation de l'action publique », pour lequel Hub'o a été retenu. « Avec 200 000 euros de la Caisse des dépôts et 200 000 euros apportés en parallèle par l'Onema et le BRGM, on triple le budget du pôle Inside », se réjouit Laurent Coudercy. Mais cela ne réduira pas pour autant les délais d'accessi bi lité aux données. « Entre l'enregistrement des données sur le terrain, leur restitution et leur vérification, il y a souvent deux ans de délai quasiment incompressibles. Nous essayerons simplement de ne pas en rajouter en mettant en place un système d'aspiration automatique des données dès qu'elles seront disponibles dans le SIE », répond Laurent Coudercy. PRB