Le 28 janvier, le Dôme de Pontoise a vibré au rythme des ambitions du SIARP. Emmanuel Pezet, son président, y a présidé une cérémonie des vœux où passé et futur se sont conjugués avec force. Devant un auditoire composé de représentants de l’État, de parlementaires, d’élus locaux et de partenaires économiques, il a brossé un portrait dynamique de l’institution. Affirmant d’emblée que le SIARP est « en forme », il a montré comment le syndicat a su transformer les contraintes financières et réglementaires en leviers de réorganisation et de modernisation.
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L’innovation technique occupe une place centrale dans cette dynamique, avec des projets de valorisation du biogaz issu du traitement des eaux usées, transformant un sous-produit en ressource énergétique. Parallèlement, le syndicat anticipe les effets du changement climatique à travers des programmes de réutilisation des eaux usées traitées (REUT), considérés comme indispensables pour garantir la sobriété et la résilience du service face à la raréfaction de la ressource. Ces avancées reposent aussi sur des partenariats scientifiques, notamment avec les universités Paris-Sorbonne et de Cergy-Pontoise, illustrés par des études écologiques ciblées comme celle consacrée à la qualité de la Viosne. Ces orientations stratégiques visent à garantir durablement la qualité du service rendu aux usagers et la protection des milieux naturels.
La dimension de gestion publique se concrétise par la création d’une nouvelle structure en régie avec la communauté d’agglomération pour la gestion de l’eau potable, avec l’objectif d’accroître la transparence et la proximité avec les usagers. Cet engagement pour le « bien commun » dépasse l’échelle locale : le SIARP soutient des actions de solidarité internationale, comme l’inauguration de blocs sanitaires agro-écologiques au Bénin, financée à hauteur de 30 000 euros.
Un réseau qui s’agrandit
L’actualité majeure de ce début d’année tient également à l’élargissement du périmètre du syndicat, désormais plus étendu dans le Vexin. Depuis le 1er janvier 2026, les communes de Banthelu et de La Roche-Guyon, issues de la communauté de communes Vexin Val de Seine (CCVVS), ont officiellement rejoint le SIARP à la suite d’une évolution statutaire votée en décembre. Cette intégration porte à 45 le nombre de communes adhérentes, un développement qu’Emmanuel Pezet présente comme un véritable « gage de confiance » des élus locaux envers le sérieux du service public de l’assainissement. Pour ces nouveaux membres, l’adhésion répondait à la volonté affirmée de revenir à une gestion en régie de leurs réseaux et de leurs stations d’épuration.
Cette phase d’expansion s’inscrit dans une stratégie de croissance plus large. Emmanuel Pezet a indiqué que d’autres communes de la CCVVS envisagent déjà de rejoindre la structure, avec la perspective d’un périmètre atteignant 60 communes d’ici deux à trois ans, puis environ 70 à moyen terme. Pour accompagner ce changement d’échelle, le SIARP renforce ses moyens humains, avec des effectifs qui devraient atteindre 70 agents d’ici la fin de l’année. Cette progression organisationnelle s’accompagne d’une modernisation des outils, illustrée par le lancement prochain du centre technico-administratif de Saint-Ouen-l’Aumône, destiné à compléter le dispositif engagé depuis l’installation du siège à Pontoise fin 2022.
Sur le plan infrastructurel, l’année 2026 marquera précisément le lancement des travaux du nouveau centre technico-administratif à Saint-Ouen-l’Aumône. Conçu pour optimiser les activités techniques, il doit répondre aux besoins d’un territoire en pleine expansion. Le SIARP consolide en parallèle sa présence opérationnelle en reprenant en régie l’exploitation de deux stations d’épuration implantées dans ces communes.
Une transition pour la continuité
L’annonce la plus marquante de la soirée a toutefois été celle du retrait prochain d’Emmanuel Pezet de la vie publique. Élu à Pontoise depuis 1989 et président du SIARP depuis 34 ans, il a déclaré qu’il quitterait ses fonctions en juin prochain. S’il assurera la continuité de sa mission jusqu’en juin 2026 afin de garantir une transition sereine, ce choix personnel marque la fin d’une époque pour celui qui a fait du syndicat une référence dans le domaine de l’assainissement.
Le président a conclu son intervention en remerciant ses équipes et ses partenaires pour leur fidélité. Il laisse derrière lui une structure qu’il estime « solide, structurée et armée pour l’avenir », rappelant que le service public de l’eau demeure un bien commun exigeant une vision de long terme. La cérémonie s’est achevée dans une atmosphère conviviale, prolongeant les échanges entre les acteurs du territoire autour des enjeux de l’année à venir.