Les arbres du Jardin des Plantes ne ressemblent pas vraiment à ceux de son Ardèche natale, mais « c'est mieux que rien », avoue Anaïs Boura, thésarde en paléo-xylologie, l'étude des vieux bois, au Muséum national d'histoire naturelle. Anaïs pourra finir sereinement sa thèse grâce à la fondation Bleustein-Blanchet, dont elle est lauréate cette année. « Jusque-là, je cumulais mes recherches avec trois petits boulots. Au palais de la Découverte, je suis animatrice scientifique, je m'occupe de l'élevage des animaux du laboratoire, et au Jardin des Plantes, j'assure des visites guidées », raconte-t-elle. Un coup de pouce de 7 700 euros bienvenu pour cette fille d'agriculteurs qui rêvait de reprendre l'exploitation familiale avant de se passionner pour la biologie végétale et se retrouver au labo de paléobotanique du muséum. « L'objet de ma thèse est de comprendre comment le climat s'imprime dans le bois. C'est à la fois du travail bibliographique et des mesures de terrain dans toute la France », explique-t-elle. Et si elle cherche à transmettre son amour de la nature aux groupes qu'elle guide au Jardin des Plantes, elle essaie aussi de le vivre au quotidien. C'est pourquoi Paris n'est qu'une étape pour elle. « Mon rêve est de retourner en Ardèche pour mettre mon activité professionnelle en cohérence avec mes convictions. » Un rêve qu'elle partage avec son compagnon charpentier, qui, après une formation sur les énergies renouvelables... se voit bien construire des maisons bioclimatiques.