Dans les Ardennes, département forestier, il est d'usage d'orienter ses coupes vers l'industrie du bois d'œuvre. Bruno de Monclin, lui, s'intéresse au bois-énergie. Originaire d'une petite commune voisine de Rethel, il vient de succéder à Serge Defaye à la présidence du CIBE (Comité interprofessionnel du bois-énergie). À 65 ans, cet ingénieur des travaux publics a passé la moitié de sa carrière dans l'environnement et l'énergie : à son retour d'Afrique, en 1986, il entre à la Lyonnaise des eaux, qui deviendra Suez Environnement, puis GDF Suez. Il s'occupe notamment d'incinération chez Novergie. Mais c'est comme jeune retraité qu'il renoue avec son hobby des débuts, le bois (il a hérité de quelques hectares familiaux sur les crêtes pré-ardennaises). Portée par le Grenelle de l'environnement, la filière est en plein essor, mais « on l'a un peu trop abordée par la demande », juge-t-il. À la faveur du fonds chaleur de l'Ademe et des appels d'offres de la Commission de régulation de l'énergie, de multiples installations sont sorties de terre, et il faut aujourd'hui leur trouver de la ressource. Aussi Bruno de Monclin veut-il poursuivre le travail de structuration de l'offre. « Notre défi est celui de la quantité, et donc du prix, résume-t-il. À cela s'ajoutent les questions de la pollution atmosphérique et des bois en fin de vie. » En cette rentrée, le nouveau président va s'acquitter de deux tâches : représenter le CIBE dans le débat national sur l'énergie… et préparer ses bûches pour l'hiver.