L'adoption d'une nouvelle loi sur la participation du public, publiée au JO le 28 décembre dernier, est plus importante qu'on ne l'imagine. Certes, elle peut apparaître comme une simple mise en conformité d'un texte existant mal ficelé et sanctionné à plusieurs reprises par le Conseil constitutionnel. Mais, en réalité, elle acte le point de départ du nouveau dialogue à construire entre administration et citoyens. Car ne doutons pas que l'apprentissage sera réciproque pour que chacun assume ses responsabilités au service de l'intérêt général !
Les services de l'État et tous ses éta-blissements publics ont désormais l'obliga-tion de mettre en consultation en ligne tous les projets de décision ayant une incidence sur l'environnement trois mois à l'avance et pendant au moins trois semaines. Et cette obligation s'étendra logiquement aux actes des collectivités territoriales dans le courant de l'année. Mais ce qui est véritablement nouveau, c'est qu'au-delà de cette exigence de démocratie et de transparence, le texte prévoit aussi l'après-consultation. Ainsi, les citoyens seront informés de la prise en compte de leurs contributions : une synthèse des observations formulées et les motifs justifiant la décision finale seront également rendus publics. Si l'on ajoute qu'après une expérimentation de dix-huit mois, toutes les contributions seront visibles via la mise en place d'un forum d'échange électronique, on peut mesurer la révolution culturelle en marche, autant pour l'ad-ministration que pour la société civile. Comment les citoyens que nous sommes vont-ils réagir ? Combien par ti cipent aujourd'hui aux enquêtes publiques et autres débats organisés ? Toujours assez peu et en général ceux qui sont opposés au projet… C'est dire que la majorité silencieuse à laquelle nous appartenons peu ou prou va devoir se bouger ! Et les occasions de se rôder ne manquent pas, à tous les niveaux et sous toutes les formes. Dès aujourd'hui, nous avons l'embarras du choix. Consultation nationale sur l'eau jusqu'au 30 avril en ligne, débat sur la transition énergétique tout au long du premier semestre en salles et consultation européenne sur les gaz de schiste jusqu'au 20 mars en ligne, donnez votre avis !