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ENERGIE

Comment s'engager dans l'Iso 50001

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2013
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1 Dresser le diagnostic et la feuille de route Mieux gérer ses dépenses énergétiques est rentable. Mais par où commencer ? Un diagnostic initial permet de mieux comprendre ses enjeux techniques et managériaux pour établir la feuille de route vers la certification. Comme bon nombre de normes, l'Iso 50001 fait peur. Publiée en juin 2011, elle n'a pour le moment séduit qu'une ving­ taine d'entreprises en France. Toutes ou presque exercent une activité industrielle ou énergé­ tique. Le secteur tertiaire est en retrait. Quant aux col lec ti­ vités, la plupart ne se sentent pas concernées. « La démarche ne me paraît pas hors de portée. Mais qu'apporterait-elle de plus par rapport à tout ce qu'on a engagé ? » s'interroge Bernard Chaix, directeur des services techniques de Domène, une commune de l'Isère qui s'est engagée à réduire sa consom­ mation énergétique de 14 % en quatre ans. Beaucoup si l'on en croit les spécialistes de la norme. « Tout dépend de l'organisation et de sa maturité au plan énergétique, explique Jérôme Torchet, responsable d'audit QSE et du développement Iso 50001 pour LRQA France. Quand tout va bien, on peut miser sur 5, voire 10 % d'économies dès la première année, 20 % à l'issue de la troisième. » Des chiffres que confirme une étude de l'Agence interna­ tionale de l'énergie. Elle estime que la mise en place d'un sys­ tème de management diminue la consommation d'énergie entre 5 et 22 %. Car si la plupart des entreprises et des collectivités n'ont pas attendu l'Iso 50001 pour avancer, « ce qui manque souvent, c'est de la cohérence, estime Béatrice Poirier, chef de produit environnement et énergie chez Afnor certifica­ tion. On trouve des diagnostics épars sur l'éclairage ou sur un autre sujet lié à l'énergie, mais pas un état des lieux global. Pour un décideur, il est impossible de se positionner, de hiérarchiser les actions à entreprendre. » L'Iso 50001 étant une dé marche d'amélioration continue, peu importe la maturité sur le plan de l'énergie du candidat à la certification. En revanche, pour avancer, il est essentiel d'adopter une méthode rigoureuse : déter­ miner un état zéro, définir des critères de performances, puis rédiger un plan d'action. Ce travail d'évaluation s'appuie notamment sur des expertises techniques. Sur le site du Val-de-Reuil de Soprema, dans l'Eure, quelques jours ont suffi à mieux cerner les dépenses et à chiffrer les gains potentiels de différentes opérations. « On avait un compresseur libérant de la chaleur. On nous a proposé de la récupérer pour chauffer un atelier en hiver », illustre Joël David, directeur du dé ve lop­ pement durable du groupe. Des pics de consommation ont, par ailleurs, été mis en évidence le week-end, malgré l'absence de toute activité. Cette observation a mis en lumière le fait que le programmateur de l'éclairage des stocks extérieurs ne prenait pas en compte l'heure d'été. À la belle saison, les lumières res­ taient allumées au petit matin et en fin d'après-midi. Ce type de bilan ne suffit pas. Parfois, « les gâchis énergétiques sont connus et on sait même à peu près comment les régler. En revanche, il n'y a rien de planifié », constate David Emsellem, directeur grands comptes de Certinergy. L'état des lieux initial doit, de fait, intégrer une composante managériale, qui évalue les circuits de déci­ sion : le responsable d'un atelier ou le chef d'un service sont-ils incités à réaliser des économies d'énergie ? L'organisation est-elle cloisonnée ou permet-elle de prendre facilement des mesures transversales d'efficacité énergé­ tique ? Ce travail est aussi l'oc­ casion de mettre l'accent sur les dysfonctionnements techniques et organisationnels. Dans l'indus­ trie par exemple, que se passet-il en cas de maintenance sur un équipement ? Les machines qui en dépendent continuent-elles à tourner à plein ? L'état initial interroge enfin l'organisation sur ce qu'elle croit connaître d'elle-même. Est-on sûr que la température affichée par un four est opti­ male et conforme à l'affichage ? Dans un immeuble de bureaux, la climatisation ne continue-telle pas à tourner après l'heure de fermeture ?... Autant de questions aux­ quelles un bureau d'études spé­ cialisé est capable de répondre facilement en déployant des sondes et différents capteurs pendant quelques jours. La mesure de rendement, de per­ formance, de consommation ou de température est le cœur de la norme. « Il n'est pas possible de mettre des plans de comptage partout. Cela a un coût », ana­ lyse toutefois Jérôme Torchet, soulignant que la seule fac­ ture contient déjà beaucoup d'informations si on prend le temps de l'ana lyser. « On peut se rendre compte que le matin, on a un pic de consommation qui dépasse les seuils prévus par le contrat d'électricité, ce qui génère des pénalités. Peut-être cela mérite-t-il d'espacer le démarrage des machines », illustre-t-il. L'étude ap pro fondie de cer taines installations révèle aussi des dysfonctionnements. La chaleur générée par des compresseurs est souvent syno­ nyme de fuites d'air, que l'on peut compenser en changeant quelques joints ou en achetant un modèle moins puissant. Ce type de questions résolues, une instrumentation plus poussée permet évi demment de gagner en précision. Difficile de miser sur une facture ou sur quelques observations pour savoir si les postes informatiques du second étage consomment davantage que l'éclairage du premier ! Ces diagnostics débouchent sur une feuille de route condui­ sant à la certification. En France, le processus a été scindé en deux pour progresser en dou­ ceur. Le premier niveau exige, notamment, une définition du périmètre du système de management, la désignation d'un représentant pour piloter la démarche et la formulation de plusieurs objectifs énergétiques. Le second est obtenu après l'audit de certification. Après le préaudit, « on compte généralement neuf à quinze mois », estime Béatrice Poirier. Cer­ taines entreprises vont toute­ fois beaucoup plus vite. « Une entreprise certifiée Iso 14001 a déjà bien avancé », ajoute-t-elle. D'une part, la norme de mana­ gement de l'environnement pré­ voit une composante sur l'éner­ gie. D'autre part, des procédures internes, comme la gestion des dysfonctionnements, peuvent être répliquées facilement. De fait, la plupart des entreprises certifiées Iso 50001 disposaient déjà d'une politique de manage­ ment de l'environnement ou de la qualité (Iso 9001). Rien n'em­ pêche toutefois de commencer par l'énergie . D'autant que les retombées financières sont beaucoup plus évidentes ! La norme laisse une grande liberté aux organi­ sations. « Elle exige des objectifs de moyens et de résultats, mais elle n'avance pas de chiffres, rap­ pelle Béatrice Poirier. À chacun de définir ses cibles. » Respon­ sable QSE de Cofely pour la région Sud-Ouest, Christophe Raymond explique la façon de s'y prendre : « Pour chaque bâ timent, nous établissons d'abord une consommation de référence à partir des données moyennes des trois dernières années ou d'une valeur estimée à la suite d'un diagnostic. Nous appliquons ensuite sur l'ensemble de nos installations un objectif d'économies d'énergie de 1 % par an en volume (via des travaux, des audits énergétiques, de la formation du personnel, de la sensibilisation des usagers) », décrit-il. La méthode a fait ses preuves. Après s'être essayée sur quatre piscines bordelaises, Cofely vient d'être certifiée pour 2 200 installations sur l'en semble de son périmètre de contrats d'efficacité énergétique.


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