Comment favoriser le véhicule professionnel électrique ? En le combinant à un kit à hydrogène, répond le pôle de compé ti ti vi té Tenerrdis, basé en Rhône-Alpes, qui lance le projet HyWay. Soit le dé ploiement de 50 véhicules utilitaires hybrides batterie-hydrogène, autour de deux stations de recharge d'hydrogène situées à Lyon et à Grenoble. D'un montant d'environ 4 millions d'euros, ce projet de dix-huit mois, qui a démarré en octobre dernier, réunit notamment le CEA, Air liquide, McPhy Energy, Cofely services ainsi que Symbio Fcell, qui fabrique les kits de prolongation d'autonomie mettant en œuvre une pile à combustible.
Les kits de Symbio FCell ont déjà fait leurs preuves. En effet, la Poste les a testés durant le premier trimestre 2014 sur trois de ses Kangoo ZE électriques (Renault). Cette technologie consiste à ajouter un réservoir d'hydrogène et une pile à combus tible, qui produit de l'électricité pour compléter la charge de la batterie. La première Kangoo ainsi équipée avait vu son autonomie passer de 160 à 320 km, avec un réservoir de 1,5 kg d'hydrogène.
« Les livreurs ont besoin d'autonomie, et surtout de la disponibilité du véhicule électrique, quelle que soit la saison. Or, en hiver, l'autonomie est moindre, car la batterie est moins efficace, et chauffer l'habitacle consomme aussi de l'énergie », explique Pierre-Yves Le Berre, cofondateur de Symbio FCell. Ses clients sont des entreprises déjà dotées de flottes captives électriques, comme la Poste, DHL ou le syndicat intercommunal des eaux de Grenoble. À plus long terme, les poids lourds, bus et engins de collectivités locales sont également visés. Les kits à hydrogène sont financés pour moitié par le client final, l'Ademe apportant le reste.
Autre avantage de l'hydrogène et de la pile à combus tible : le poids, trois fois plus léger que celui d'une batterie à énergie équivalente. Et la recharge ne dure que trois minutes. Par ailleurs, la chaleur qu'émet la pile à combustible est récupérée pour réchauffer l'habitacle, si bien que l'autonomie est identique en été et en hiver. Certes, il demeure la contrainte de se rendre dans une des deux stations de recharge. Mais si le modèle économique de ces véhicules hybrides fonctionne, ces stations devraient se multiplier. « Pour qu'une station soit rentable, il suffit que 30 véhicules l'utilisent régulièrement », souligne Pierre-Yves Le Berre.
Les dix-huit mois d'expérimentation passés, les clients pourront continuer à exploiter le véhicule tel quel ou bien rendre le kit et retrouver leur véhicule initial. Le projet HyWay rentrera alors dans sa deuxième phase, consistant à produire de l'hydrogène sur site par électrolyse à partir d'électricité d'origine renouvelable. Outre Lyon et Grenoble, 18 communes se disent intéressées. La ville type est une agglomération de 100 000 habitants. Certaines ont déjà passé commande, d'autres montent encore leur dossier. l