Jean-Paul Lopez, chargé d'affaires maintenance pales éoliennes chez Etair Méditerranée
Amateur de grand air Étant établi dans le Sud, près de l'Aube, département pionnier dans l'éolien industriel, alors que les parcs sont surtout situés dans le Nord, le Grand Ouest et l'Est de la France, je suis amené à bouger une à cinq fois par mois, en groupant les déplacements. Il m'arrive de passer une semaine sur place, voire deux dernièrement, pour une expertise en Amérique du Sud. Mes équipes restent plus longtemps, jusqu'à six mois quand il y a plusieurs éoliennes à réparer, en rentrant toutes les trois semaines. En mars s'ouvre la saison propice à leur maintenance. Aller sur le terrain est un bol d'air ; on découvre du paysage, dans des coins souvent reculés. Mes enfants étant grands, cela ne perturbe pas mon quotidien. l
Grégory Chantier, responsable des ventes France chez Sotra Seperef
Motivé L'image du commercial qui mange à l'œil et traîne en chemin est trompeuse : préparer sa tournée nécessite de la rigueur. Commercial depuis treize ans, j'ai tenté d'être sédentaire, mais cela m'a déplu : rencontrer le client, c'est ce qui me motive à me lever le matin.
J'interviens sur toute la France, alterne train, métro, voiture de location ou celle de fonction, qui roule 40 000 kilomètres par an et que je peux utiliser le week-end, et passe trois jours en moyenne par semaine sur le terrain. Entre itinérants, nous partageons nos bonnes adresses. Retrouver ses repères, un hôtel sympa, c'est important lorsqu'on bouge beaucoup. Privilégier la qualité à la quantité aussi – je vois entre 10 à 12 clients par semaine, des négociants qui vendent au marché du BTP nos systèmes de canalisations d'eau en PVC — dans un métier où le relationnel se construit sur la durée. l
Virginie Nicoullaud, conseillère médicale en environnement intérieur à la Mutualité française Gironde
Débrouillarde Je fais ce métier depuis dix ans et interviens à domicile depuis six ans. Je couvre trois départements aquitains et roule 25 000 kilomètres par an. C'est moins que dans la précédente région, la Bourgogne, où j'ai aussi exercé ce métier. Auparavant commerciale dans le secteur de l'industrie, je suis habituée à me débrouiller.
Je regroupe parfois les trajets, joue sur les horaires pour éviter les embouteillages ou parviens à débusquer n'importe quelle maison au fond d'un lieu-dit. Pour cela, vive le GPS, complété si besoin par les indications du patient ! Je fais rarement le même trajet. N'aimant pas trop la routine, cela me plaît. l
Richard Firkowski, conseiller en énergie partagé dans le Val-d'Oise
Saisonnier Je couvre quarante communes du parc naturel régional du Vexin français. Mes déplacements sont rythmés par leurs besoins, avec un pic à l'approche de la saison de chauffe et un creux quand arrivent les élections ou les congés. Petites et rurales, elles ne sont accessibles qu'en voiture. Pour m'y rendre, j'emprunte le véhicule de service. Visiter leurs bâtiments en complément des données de consommation fournies est essentiel pour établir un bilan énergétique de leur patrimoine et bien les conseiller. l
Caroline Mignon, directrice de l'Ates (Association pour le tourisme équitable et solidaire)
Connectée Malgré mon poste, je ne voyage pas, pour l'instant, si souvent que cela. Du moins pas sans motif ni raison. Ma collaboratrice vient de sillonner Madagascar. Et il m'arrive d'aller à Bruxelles pour représenter l'association.
Les véritables itinérants sont nos opérateurs, qui passent plusieurs mois par an à l'étranger. Néanmoins, je m'apprête à bouger davantage car nous nous tournons vers l'international. Je serai donc moins à la maison, sans que cela m'inquiète, car – c'est l'avantage des outils comme Skype ou le smartphone – je sais que je pourrais rester connectée à mon quotidien. Ces technologies ont changé le rapport à la mobilité. l