La start-up française Stellaria a déposé, le 19 décembre 2025, une demande d’autorisation de création (DAC) pour son installation nucléaire de base (INB), dénommée Alpha, auprès du ministre chargé de la sûreté nucléaire. Ce dépôt marque l’entrée de l’entreprise dans le cadre réglementaire applicable aux exploitants nucléaires en France.
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Vers le premier réacteur à sels fondus français
Le projet repose sur le prototype Alvin, dont la mise en service est envisagée à l’horizon 2030. Ce réacteur doit permettre de tester et de valider le concept du Stellarium, un réacteur utilisant un combustible liquide. Selon l’entreprise, cette technologie se distingue par sa capacité à consommer plus de déchets nucléaires qu’elle n’en produit. L’installation est présentée comme destinée à fournir une source d’énergie stable et compétitive, en particulier pour des sites industriels engagés dans l’électrification de leurs procédés.
Le dépôt de la DAC intervient après une année 2025 marquée par plusieurs étapes structurantes pour Stellaria. En juillet, l’entreprise a levé 23 millions d’euros afin de financer le développement de son projet. Elle a également annoncé la signature d’un premier contrat de précommande de puissance avec Equinix, acteur international des centres de données. Pour Nicolas Breyton, président de Stellaria, le passage à la phase réglementaire constitue une étape clé dans la consolidation du projet et la validation des choix technologiques retenus.
Avec cette initiative, Stellaria devient la deuxième start-up française, parmi une dizaine travaillant sur des projets de réacteurs de petite taille, à soumettre une demande d’autorisation de création, après Jimmy Energy.
Etudier les risques
Le dossier transmis aux autorités comprend plus de mille pages réparties en une quinzaine de documents. Il comporte notamment une démonstration de sûreté détaillant l’analyse des scénarios d’incidents et d’accidents, ainsi que la prise en compte des agressions externes telles que les séismes, les inondations ou les chutes d’aéronefs. Le dossier inclut également une évaluation des impacts environnementaux, des éléments relatifs au démantèlement en fin de vie de l’installation, ainsi qu’une présentation des capacités techniques et financières de l’exploitant.
Le projet est désormais en phase d’instruction par les autorités compétentes. Il s’inscrit dans les objectifs plus larges de relance industrielle et de renforcement de l’autonomie énergétique portés par les pouvoirs publics.