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ÉNERGIE

L’UFE presse Bruxelles d’agir pour doubler l’électrification d’ici 2050

LA RÉDACTION, LE 9 JANVIER 2026
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L’UFE presse Bruxelles d’agir pour doubler l’électrification d’ici 2050
Crédits : Pixabay
Face à la stagnation du taux d’électrification de l’économie européenne, bloqué à 23 % depuis près de dix ans, l’Union Française de l’Électricité (UFE) appelle à l’adoption immédiate d’un plan d’action européen global. Objectif affiché : porter ce taux à au moins 50 % d’ici 2050 afin de respecter les trajectoires de neutralité carbone.

Dans un contexte marqué par l’urgence climatique et les enjeux croissants de souveraineté énergétique, l’UFE (qui fédère plus de 500 entreprises et représente près de 300 000 emplois) a présenté en décembre 2025 un plaidoyer stratégique en faveur d’un Plan d’action européen pour l’électrification. L’organisation rappelle que, malgré une décennie d’alertes, l’électrification de l’économie européenne demeure au point mort. Si elle salue l’objectif intermédiaire de la Commission européenne visant 32 % d’électrification à l’horizon 2030, l’UFE avertit qu’une simple cible chiffrée ne saurait suffire sans un cadre opérationnel robuste, cohérent et ambitieux.

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L’enjeu dépasse largement la seule dimension environnementale. Il est aussi économique et géopolitique. En 2024, les importations de combustibles fossiles ont représenté un coût estimé à 375 milliards d’euros pour l’Union européenne, creusant son déficit commercial et renforçant sa dépendance vis-à-vis de pays tiers. Pour l’UFE, l’accélération de l’électrification constitue un levier central pour renforcer la résilience du continent, améliorer la qualité de l’air dans les zones urbaines et générer des emplois locaux non délocalisables. Afin d’assurer un pilotage rigoureux de cette transformation, l’organisation préconise la création d’un Observatoire européen de l’électrification, chargé de suivre les trajectoires sectorielles des États membres et de garantir une transparence complète sur les progrès réalisés.

La réussite de cette transition repose toutefois sur l’adhésion des citoyens comme des entreprises. Pour faire de l’électricité le choix par défaut, l’UFE propose la mise en place d’un « Score d’Impact Énergétique » clair et lisible, permettant d’orienter les consommateurs en fonction de critères tels que la pollution, les émissions de gaz à effet de serre ou la valeur ajoutée produite en Europe. Consciente que le coût initial des équipements - pompes à chaleur, véhicules électriques - constitue un frein majeur, l’organisation avance également l’idée de « Contrats tripartites pour l’électrification ». Ce dispositif viserait à mobiliser des financements privés, sécurisés par des garanties publiques, afin de préfinancer les investissements et de rendre ces solutions accessibles, y compris aux ménages les plus vulnérables.

Sur le plan industriel, le potentiel est considérable : selon l’UFE, 62 % des besoins énergétiques industriels actuellement non électrifiés pourraient techniquement l’être dès aujourd’hui. Pour accompagner cette mutation, l’organisation appelle à la création d’une Banque européenne de la décarbonation industrielle. Celle-ci aurait vocation à soutenir non seulement les coûts d’investissement, mais aussi les coûts d’exploitation, tout en priorisant les technologies « made in Europe » et les projets offrant le meilleur rendement en matière de réduction des émissions de CO₂ par euro investi.

Enfin, un tel déploiement à grande échelle suppose une modernisation profonde des infrastructures électriques. Le réseau devra gagner en flexibilité et en résilience face à la multiplication des événements climatiques extrêmes, à l’image des seize tempêtes qu’a connues la France en 2023. Dans ce contexte, l’UFE exhorte les pouvoirs publics à réformer d’urgence la fiscalité énergétique. Elle dénonce une situation jugée incohérente, où l’électricité peut être taxée, dans certains pays comme la France, de quatre à onze fois plus que les énergies fossiles importées. Pour Alice Franz, directrice des affaires européennes de l’UFE, il est désormais impératif de faire de l’électrification la « pierre angulaire » de la transition énergétique européenne, afin de concilier ambition climatique, compétitivité économique et indépendance stratégique.


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