N'imaginez pas les chercheurs français plongés dans des études de science fondamentale à mille lieues des attentes de l'industrie. En matière d'hydrogène, ils sont au service des entreprises. « Le principal enjeu est de faire passer l'électrolyse à un stade industriel », présente Paul Lucchese, chargé de mission à la direction de la recherche technologique du CEA. Cela demandera une amélioration des technologies existantes, en particulier alcalines et PEM (Proton Exchange Membrane) pour réduire les coûts et gagner quelques pourcents sur les rendements. « On peut parallèlement travailler sur les technologies moins avancées, comme l'électrolyse à haute température, pour arriver d'ici cinq ou dix ans à des produits qui consommeront nettement moins d'électricité », estime-t-il. Voire sur des systèmes dits bio-inspirés à horizon plus lointain. Enfin, il y aura à l'ave-nir des électrolyseurs mieux adaptés à l'usage : la station de recharge de vélos électriques n'a pas les mêmes besoins qu'un parc éolien de plusieurs dizaines de mégawatts ! Comme le CEA, de nombreux organismes travaillent directement avec les cellules R & D des entreprises… Quand elles n'aident pas tout simplement les produits à émerger. Illustration avec Bulane et l'Institut Charles-Gerhardt, un laboratoire montpelliérain spécialisé dans les matériaux pour l'énergie. « Je suis arrivé avec une idée et une base technologique. Nous avons pu ensemble développer un vrai produit », souligne Nicolas Jerez, P-DG de l'entreprise. Les pôles de compétitivité comme Tenerrdis ont un rôle essentiel pour créer ce type de synergies. À noter enfin que de grands groupes comme Engie, Air liquide, EDF, Michelin ou Areva disposent, eux aussi, de bons laboratoires. l