Le CHU de Poitiers consomme 100 millions de kilowattheures par an. L'équivalent d'une ville de 40 000 habitants. Et cherche malgré ses extensions à stabiliser ses dépenses d’énergie. Cap à tenir : y consacrer 1,5 % de son chiffre d’affaires, pas plus, soit 5-6 millions d'euros par an. Point fort pour y parvenir : sa centrale de cogénération à gaz (production d’électricité et récupération de chaleur) couvre ses besoins de chaleur l'hiver et produit 14 millions de kilowattheures d'électricité par an revendue à EDF. « Elle est inspectée régulièrement. Le CHU travaille sur la question de l’énergie depuis une vingtaine d'années », resitue Dimitri Néel, ingénieur responsable énergie.La certification Iso 50001 obtenue en mars dernier couronne une stratégie interne volontariste en matière de performance énergétique. Pour la centrale, l'exploitant gère par exemple les moteurs mais le CHU se charge lui-même d'acheter le gaz et de revendre l'électricité. « Cette quête d'autonomie relève d'une démarche de bon sens, poursuit l'ingénieur. Nous rationalisons nos consommations en profitant de chantiers d'extension ou rénovation. Les chiffrons site par site, avec des améliorations en vue sur la consommation électrique des groupes froids et l'éclairage intérieur. Nous traquons aussi les fuites d'eau, appréhendées comme une source d’énergie, grâce à un monitoring en continu. Et travaillons en réseau sur ces enjeux avec d'autres CHU ».Autre défi : valoriser les effacements de consommation sur le marché de l'électricité. L'an dernier, le CHU a conclu un marché d’effacement avec GDF Suez de 2,6 MW. « A sa demande, nous nous effaçons partiellement du réseau public en basculant une partie de notre consommation sur nos groupes électrogènes », éclaire Dimitri Néel. ?Le CHU vend donc sa capacité d'effacement, c’est-à-dire l’électricité du réseau qu'il ne consomme pas lorsque sa quinzaine de groupes électrogènes fonctionnent. Ces équipements, obligatoires, tournent en cas d'orage pour éviter de microcoupures ou lorsque les services vérifient leur bon état. « Le fournisseur peut aussi les actionner à distance pour délester le réseau et lisser les pics de consommation. Nous valorisons financièrement cette installation, même si les débuts sont modestes et que la sécurité des patients du CHU prime évidemment ! », conclut-il. Morgan Boëdec